Mamie, mon amie …

Tu m’as dit avoir vu tous tes amis partir, ne plus rien attendre de la vie, avoir déjà abandonné ce monde, mais il te reste tant à vivre, mamie.

Il arrive parfois de se poser des questions, il le faut d’ailleurs paradoxalement à mes dires. Des moments de doute qui mettent notre vie entre parenthèses. Des blessures qui refont surface, des incertitudes, des désespoirs… Chacun a ses raisons bien identifiées, ou pas. Car il arrive parfois de se chercher, dans l’espoir de… Mais cela vaut- il le coup de passer autant de temps à se questionner, quand justement le temps, lui, passe et ne revient pas?

Mamie, je voudrais commencer par te dire que je t’aime. Ce n’est pas quelque chose que l’on se dit souvent chez nous, voire quasiment jamais. Par pudeur je ne sais pas, mais je te le dis aujourd’hui. J’ai passé beaucoup d’années loin de toi mais je ne t’ai jamais oublié. Si tu t’es sentie délaissée je te prie de me pardonner. Souvent j’essaie d’imaginer ma vie là-bas, à la maison avec toi. Tu m’aurais sûrement raconté beaucoup d’autres de tes contes, tu m’aurais conseillé, tu m’aurais engueulé, mais surtout tu m’aurais protégé. Oh qu’avec toi je me sentais en sécurité, je l’ai réalisé au fil des années. Mais tout arrive pour une raison, aujourd’hui je suis ici et toi toujours là bas, chez nous. Chaque personne que j’ai rencontré a contribué à faire de moi qui je suis. Mais toi mamie, tu m’as donné les bases.

Parfois on néglige les personnes qui nous sont chères, pris par le temps, le boulot, les loisirs… Puis arrive un moment où cette phrase qui résume tout nous rappelle à la réalité : c’est lorsqu’on perd quelqu’un que l’on se rend compte à quel point cette personne est importante dans notre vie. J’ai cette peur constante de te perdre mamie, mon amie. Mon plus grand rêve tu le sais serait que tu puisses poser tes yeux sur le visage de mon enfant. Même à travers une image étant donné la distance qui nous sépare. L’enfant de ta petite fille, l’enfant qui n’est pas encore là, l’enfant que je désire tant. Un rêve que mes sœurs et moi partageons sûrement, que l’une de nous réalisera bientôt si Dieu le permet.

Peux- tu imaginer la douleur que j’ai eu quand je t’ai vu me regarder avec ta fragilité. Tu ressemblais à cette enfant qu’on a envie de prendre dans ses bras, de câliner, mais surtout de rassurer. C’est à peine si tu pouvais parler mais j’ai réussi à te décrocher un sourire. L’image qu’on a tous envie de garder, si ça devait être la dernière. Mais ce n’est pas la dernière, n’est-ce pas mamie? Tu dois tenir, être forte comme tu l’as toujours été jusqu’ici. Enfant unique tu avais peur de te sentir seule. Mais tu as réussi à créer une grande tribu qui t’entoure, dont j’ai l’honneur de faire partie. Je voudrais te dire merci, merci pour ton courage, pour tes sacrifices.

Je ne pourrai jamais rattraper le temps perdu, mais je garde précieusement nos moments vécus. Vivre, c’est ce qu’il faut faire, se dire les choses à l’instant T. Nous vivons tous avec cette peur de perdre un être proche. Nous y pensons plus souvent qu’à notre propre mort. Mais on occulte tout, voulant garder l’espoir que cela arrive le plus tard possible, voire que ça n’arrive jamais. Mais voilà, ainsi va la vie. Jeune ou vieux chaque jour de plus est un pas vers l’inévitable. Tu m’as dit avoir vu tous tes amis partir, ne plus rien attendre de la vie, avoir déjà abandonné ce monde, mais il te reste tant à vivre, mamie.

Mamie, au nom de tes dix-huit petits-enfants si je ne me trompe pas, je me suis permise d’exposer en public ces quelques lignes intimes pour te dire qu’on t’aime, qu’on t’aime. Chacun de nous saura te le dire avec ses propres mots. On te surnomme « Générale » en rigolant parfois, mais la vérité est que tu l’es, une vraie rassembleuse. Tu es la fondation même de notre famille, le fil conducteur de notre histoire.

En cette période difficile, avec un avenir aussi incertain, il est peut-être temps de prendre le temps de créer dans ce chaos, de bien meilleurs souvenirs. J’ai les miens avec toi et j’espère avoir la chance d’en avoir d’autres. Porte-toi bien, coco, mon amie !

Une grosse pensée pour toutes les mamies du monde. Un grand hommage à toutes celles qui sont parties prématurément, emportées par cette crise sans parfois avoir le temps d’entendre ces quelques mots doux qui apaisent le coeur. Pour ceux qui le peuvent encore, il n’est pas trop tard.

NasYou !

Harcelée …

J’aimerais,
J’aimerais être là pour te dire que non
Non, tout n’es pas perdu, rien n’est fini
Non, tu n’es pas seule, bien que tu penses que si.

J’aimerais être la petite voix qui raisonne dans ta tête
Qui te rassure et qui te dit qu’on pourra toujours faire la fête
Ta joie, ton énergie, rien ne doit disparaître
Mais ma puce ne t’inquiète pas, tu as le droit d’être triste.

Oui triste,
Tu as le droit de lâcher prise et de dire que tu vas mal
De verser quelques larmes pour soulager ton coeur. Un trop grand coeur que tu oublies parfois de chérir.

Tu veux rester forte face à tous ces autres
Cacher tes points faibles, pour ne pas être vulnérable,
Mais stop.

Oui Stop!
Respire, pleure, crie!
Dis-leurs que tu es humaine, que tu n’es pas un phénomène
Que ta vie c’est la tienne et que tes choix t’appartiennent
Tu n’es pas parfaite, et personne ne l’est
Tu as le droit d’être belle, aimée, acceptée.

Ral bol de leurs critères à la noix,
Qui nous définissent comme la bête ou le beau roi
Tu es une reine, oui crois moi
Qu’ils le veuillent ou pas, ton royaume est bien grand

Trop de jalousie peut-être ou sinon de la mauvaise foie
Un peu frustrés qui sait, ou le manque de confiance en soi. Ils te dévisagent, t’insultent et reversent leur haine sur toi.
Mais non, ne cède pas!

Pense à maman, pense à papa
À ta petite sœur que t’aime et qui t’aime tant
À la belle histoire d’amour qui t’attend
Mais avant toute chose, pense à toi.

Lâche cette lame, jette-la!
Bouge de cette fenêtre et viens vers moi
Oublie ce qu’ils disent, ce qu’ils pensent de toi
Ne les laisse pas te voler cette vie qu’on ne vit qu’une fois.

Oui pleure, n’aie pas peur!
La vie c’est comme ça
Tout n’est pas tout noir ou tout blanc
Comme dans les films, il y a des gentils et des méchants.

Oui crie, crie-le très fort!

« Ma vie c’est la mienne et je profiterai de chaque instant. Que ça vous plaise ou pas je la vivrai dans la joie. »

J’aimerais être cette petite voix qui te ramène à la raison
Allez viens, on rentre à la maison.

Une grande pensée pour toutes les victimes de toutes formes de harcèlement. Parlez-en! Ne cumulez pas! Ne culpabilisez pas! Aidez-nous à vous aider.

Version audio du texte

Amicalement,

NasYou.

Quitter Paris: sauter le pas!

« Sachez que l’inconnu peut en effet faire peur mais peut également réserver de belles surprises. Il arrive un moment de notre vie où l’on a besoin d’un changement. Il peut être moindre ou radical, mais il ne faut pas en avoir peur. Pesez le pour et le contre, ce que vous perdez mais surtout ce que vous gagnerez. L’argent ne fait pas tout et un rythme de vie sain est à mon sens plus important. »

Ah Paris, capitale de l’amour, la ville lumière. Beaucoup rêvent de la visiter, d’autres d’y vivre. Il faut dire qu’elle a son petit charme, unique en son genre. Puis, il y a ceux, qui comme moi peut-être, n’en peuvent plus et souhaitent seulement la quitter. Certes, mais Paris est autant attachante pour les parisiens que chiante pour les provençaux (pour une bonne partie en tout cas). Pas évident de divorcer d’elle, de ses nombreux avantages, ses dizaines de transports en commun. Oui, la facilité de déplacement est sûrement ce qui m’y a retenu aussi longtemps. Puis il faut se l’avouer, il y a d’énormes opportunités à Paris. Beaucoup viennent tenter leurs chances, que ce soit des artistes, de futurs grands managers… Si vous aimez vous amuser jusqu’à pas d’heure, vous y trouverez votre compte … D’accord, il est difficile de faire autant actuellement étant donné la crise sanitaire qui nous fait vivre au jour le jour. En fait il n’est possible de rien faire en ce moment, mais bon, nous sommes tous au courant de ça, #reconfinement. D’ailleurs encore beaucoup plus de personnes partiraient bien si elles en avaient l’occasion. Ici je parle de Paris en temps normal.

Tout d’abord, je fais une petite parenthèse pour remercier les quelques personnes qui me lisent, qui m’ont déjà lu, mais surtout ceux et celles qui vont continuer la lecture. Le fait d’écrire me permet de me détendre, d’évacuer. Et si mon contenu peut être utile, ça fait toujours plaisir.

Pour vous mettre dans le contexte, cela fait un peu plus de 7 ans que je suis en France métropolitaine et que je suis en région parisienne. Bon d’accord, on va se le dire tout de suite, ce sera « j’étais« … Car ouiiiiii, j’ai sauté le pas. Après avoir longtemps hésité, mais je l’ai fait. Et vous?

Ma vie en région parisienne !

L’homme en général n’aime pas l’inconnu, et moi encore moins. Je suis arrivée à Paris (de Mayotte) après mon Bac pour poursuivre mes études. J’ai vécu quelques semaines dans la banlieue parisienne, plus de 4 ans dans Paris intra-muros et pour finir, 2 ans et quelques de nouveau en banlieue. J’ai connu ses métros, ses bus, ses RER… C’est une région dans laquelle il faut avoir une bonne montre si vous ne voulez pas courir après les transports tous les matins et fins d’après-midi, aux heures de pointes en gros. Je ne devais pas en avoir une car j’ai l’impression de n’avoir fait que ça.

J’ai donc couru après la ligne 13, la plus (tristement) célèbre si j’ose dire, pendant 3 années de ma vie. Quand j’y repense pour rien au monde je ne reviendrai à cette époque. J’ai tardé à comprendre qu’il fallait batailler afin de pouvoir rentrer chez moi. Au début j’attendais, je me rappelle avoir attendu plus de 10 rames une fois. J’ai connu les joies, les peines, les déceptions mais finalement beaucoup d’amis et l’homme qui partage ma vie à ce jour. Très vite il a fallu trouver un appartement pouvant accueillir des jeunes mariés et enfin quitter ma résidence étudiante que j’ai quand même bien squatté pour dire la vérité. J’y ai fais des rencontres formidables d’ailleurs ! Ce sera sûrement le sujet d’un prochain article.

Deux semaines après mon mariage nous avons donc trouvé ce petit appartement à Bondy, dans un secteur pavillonnaire, très calme et à proximité immédiate du tramway. Il n’était pas « wouah », un peu vieux mais nous étions dans l’urgence. Clairement il était trop cher selon nous. C’est connu que les loyers à Paris sont souvent abusifs mais de plus en plus en banlieue aussi car les gens quittent progressivement la capitale pour aller s’y installer. De plus il y a des travaux de création de nouvelles rames et d’extension des lignes de métro existantes vers ces zones là justement. C’est le projet « Le Grand Paris Express » qui va donc dynamiser ces secteurs. Donc 740€ pour 40 m2. Et c’est là qu’on regrette son statut d’étudiant et ses avantages, au revoir les APL. Malgré ça, nous étions des locataires assidus, jamais d’embrouilles avec le propriétaire qui est très sympathique et toujours présent pour le moindre souci.

Vous avez peut-être connu des périodes pendant lesquelles vous deviez choisir entre bien manger ou payer votre loyer, ça arrive. Et c’est une situation de vulnérabilité qui peut toucher tout le monde à tout moment. Mais il faut toujours se dire que si vous ne prenez pas trois repas par jour ou avez toujours le même repas pendant un court moment c’est tenable et je soutiens qu’il faut vous rapprocher des organismes pouvant vous aider sans en avoir honte. Mais si vous êtes sans toit, vous devrez aller taper à la porte des autres (ce que tout le monde ne peut malheureusement pas accepter) ou dormir dehors. Et même en ayant une famille aimante et accueillante pouvant vous loger, on est jamais mieux que chez soi. C’est mon avis personnel. Donc malgré les difficultés, le choix était vite fait.

L’envie de partir…

Ça faisait plus de 3 ans et demi que je travaillais à Paris. J’aimais ce que je faisais, je me donnais à fond, un peu trop parfois. Je me suis rendu compte que je n’avais quasiment pas le temps de passer des moments en famille, je loupais les anniversaires etc. Avec mes horaires décalées ce n’était pas évident. Puis il y a eu une succession d’événements qui ont déclenché cette envie de changement. C’était dur mais je prends les choses telles qu’elles viennent. Je ne vivais pas pire que d’autres.

Premièrement, c’est ma grossesse extra-utérine. Je vous invite d’ailleurs à lire mon article sur ce sujet pour en savoir plus. Suite à ça j’ai eu un arrêt maladie d’une semaine qui m’a permis de me reposer pour commencer, mais surtout de partager des moments avec mon binôme, de se soutenir dans cette épreuve. Vous vous doutez bien que ce n’était pas fiesta boom boom vu le contexte mais ça m’a fait du bien. Ensuite il y a eu le confinement de mars à mai. Une période sombre pour tous mais qui comme pour vous peut-être m’a permis là encore de profiter du temps. Je ne pensais plus au travail même si au bout d’un moment ça me manquait. Je ne courrais plus après les transports, j’étais moins stressée… J’ai réalisé que j’aimais ça, avoir du temps. Mais plus le temps passait plus j’étouffais. Troisièmement ce fut ma fausse couche. Je ne l’attendais tellement pas. J’étais choquée, bouleversée, frustrée. Du jour au lendemain j’ai craqué, je me suis retrouvée à chercher des logements. Je regardais partout, mais surtout en île- de-France à vrai dire. Quelque part j’avais toujours cette peur d’aller plus loin et de quitter la région. Mon mari essayait de me raisonner, m’expliquant qu’on ne pouvait pas partir comme ça, etc. Mais moi j’étais sûre et prête, il fallait qu’on parte, qu’on change de ville, de vie.

Une occasion à point nommé !

Pendant toute cette période j’étais au chômage partiel comme beaucoup de salariés, conséquence directe de la crise sanitaire. En parallèle j’avais mes cours de conduite post-confinement. Je m’occupais aussi en faisant des vidéos avec ma petite sœur sur ma chaîne YouTube, je cuisinais, beaucoup et mon corps l’a bien ressenti d’ailleurs, #kilosentrop. Mais non, je ne suis pas pour autant bonne cuisinière.

C’est donc dans ce contexte que je reçois un message de ma responsable RH me demandant si j’ai justement le précieux sésame (oui le permis). Bien évidemment toujours pas, mais je pensais passer l’examen au mois d’août, avec le recul je me dis que j’ai surestimé mon niveau. Je commence alors à me dire qu’il va peut-être y avoir une occasion à saisir. Le lendemain elle m’appelle me proposer un poste dans la métropole lilloise. Un poste que j’avais refusé cinq mois plus tôt pour différentes raisons. Après mûres discussions, j’ai convaincu mon homme qu’il fallait qu’on saisisse cette opportunité sans trop réfléchir. Je connaissais déjà le lieu pour y être allée à deux reprises, mais toutefois pas assez pour y vivre. Pour me décider, il m’a été proposé une semaine test sur place, l’occasion de découvrir les environs. Offre acceptée, une décision prise à deux bien évidemment!

Les signaux au vert

Un soir on est sorti avec des amis et j’ai ressenti un truc banal pour beaucoup mais presque nouveau pour moi, le sentiment d’avoir une vie sociale. On était là, dans ce City Wok, on discutait, mangeait ensemble, bref, je me voyais revivre des petits moments comme ça.

Ils nous ont renseigné sur les demarches à effectuer pour la recherche de logement. Puis sans tarder nous avons commencé à pointer chez les bailleurs sociaux. Oui car chez les privés les prix sont quasiment similaires à ceux de la banlieue parisienne. À la fin du séjour nous étions presque conquis, personnellement je me voyais déjà. Trois jours après notre retour nous avons reçu le petit coup de file qui fait du bien. Notre dossier est passé en commission et a été accepté. Quoi? Incroyable! Si ce n’est pas un signe de plus qu’il fallait partir, qu’est-ce c’est n’est-ce pas ? Ça fait 4 ans que j’ai déposé une demande de logement à la mairie de Paris et ce 15 octobre j’ai reçu un SMS pour la renouveler. Autant vous dire qu’avant 10 ans d’ancienneté, je n’avais aucune chance. Cerise sur le gâteau, l’appartement est situé dans le même quartier que mes amis. Mais quelle autre preuve fallait-il que j’attende?

Maintenant il fallait prendre une décision, donner une réponse. Mais une chose qui n’était pas prévue vient perturber cet enchaînement de bonnes nouvelles. J’avais tellement envie de partir que je n’y avais même pas pensé. Il faut savoir qu’à poste équivalent, on ne gagne pas toujours le même salaire en province qu’à Paris. Zut alors ! Sans faire de suspense, je perdais 200€ brut sur le mien. Mais comme on dit, l’argent ne fait pas tout. Il fallait voir au-delà. Qu’est-ce que je gagne en plus ? Un appartement 27m2 carrées plus grand et beaucoup moins cher. Je retrouvais des amis et donc une vie sociale. J’étais à proximité de mon lieu de travail, donc moins de temps dans les transports…

Nous avons tout mis sur la table, pesé le pour et le contre et la conclusion était une évidence, nous devions quitter la région. Le reste de la famille nous a soutenu dans cette démarche et ça nous a bien aidé. Le déménagement étant pris en charge par mon employeur, un très gros avantage d’ailleurs, nous n’avions plus qu’à emballer nos cartons et dire au revoir à tout le monde. Et puis, Paris n’est qu’à une heure en train, qu’à deux heures en voiture. Rien n’empêche les uns et les autres de se déplacer de temps en temps pour se voir.

Quelle bilan de cette aventure ?

Il s’est écoulé moins d’un mois entre la proposition du poste et la signature du bail. Cela fait déjà deux mois que nous sommes ici, dans cette petite ville tranquille, dans ce coin à proximité immédiate du métro, des bus, à quelques minutes de mon lieu de travail, avec des amis, de l’espace. Et je peux dire que tout ça vaut bien plus que 200€ brut. C’est donc sans regret que nous t’avons quitté chère Paris, on ne t’oublie pas et de toutes les façons on se reverra souvent. Nous viendrons passer le temps, voir la famille, nous irons aux mariages quand le Covid-19 nous aura enfin laissé respirer. Maintenant que je n’ai plus tes dizaines de transports il va falloir que je finisse par l’avoir ce fichu permis. Oui, parce qu’ici j’ai l’impression que tout le monde est véhiculé. Le soir quand je sors du travaille les gens doivent penser que je me suis perdue. C’est à peine si je croise un autre piéton. Vous avez donc compris ce qu’il faut faire avant d’aller en Provence.

Enfin, voilà les amis. Si vous êtes dans cette situation, que vous hésitez à sauter le pas, sachez que l’inconnu peut en effet faire peur mais peut également réserver de belles surprises. Il arrive un moment de notre vie où l’on a besoin d’un changement. Il peut être moindre ou radical, mais il ne faut pas en avoir peur. Pesez le pour et le contre, ce que vous perdez mais surtout ce que vous gagnerez. L’argent ne fait pas tout et un rythme de vie sain est à mon sens plus important.

On verra si je vous dis la même chose d’ici quelques mois. Nous sommes de nouveau en confinement, et je pense déjà ressentir la différence. En attendant prenez soins de vous et vos familles et n’hésitez pas à commenter pour partager vos expériences et ressentis. Abonnez-vous à ma chaîne YouTube également, j’aimerais revenir avec du contenu mais…

Bon courage à tous et à très bientôt!

NasYou

Enfin mariés: suite de « Relations à distance »!

Il y a des histoires qui n’ont pas de suite, mais pas celle-ci. J’espérais tellement pouvoir vous la raconter. Pour comprendre ce dont nous allons parler il faut avoir lu la première partie de l’histoire, « Relations à distance » et sa suite « Quand la famille s’en mêle. » C’est le récit d’un jeune couple qui s’est formé à distance entre un jeune homme mahorais (de Mayotte) et une jeune femme comorienne (de Ngazidja).

Quatre années se sont écoulées depuis le début de leur relation. Ils sont fatigués d’attendre, impatients de se retrouver et cette fois pour ne plus se quitter. Ils ont passé l’année 2019 éloignés l’un de l’autre. Les appels ne suffisent plus, le moral prend un coup. Mais ça en est assez, il fallait faire bouger les choses, avancer. Donc Monsieur s’est décidé, il allait l’épouser. Ils ont longtemps discuté avec leurs familles respectives. Mais le fait est que tout était remis à plus tard. C’était pesant pour l’une comme pour l’autre. Déterminé, il a pris son billet, l’amour l’a emporté, toute situation a sa solution. Elles ont compris ou réalisé que c’étaient du sérieux et que rien n’allait pouvoir les faire reculer. Rien, mais c’était sans compter sur la Covid-19.

Un départ mouvementé

Comme à chaque fois qu’on est impatient de faire quelque chose, on a l’impression que le temps ne passe pas. Et là le temps passait sans qu’ils ne puissent faire quoi que ce soit. Le départ était prévu pour le mois de mai. Vous vous souvenez du contexte? Nous sortions à peine du confinement et les vols étaient toujours suspendus entre Mayotte et la métropole. Le voyage a finalement dû être repoussé à juillet, pour le coup il n’y avait pas tellement le choix. Pendant ce temps les choses se concrétisent petit à petit. Ce n’est pas encore la folie mais le projet est de plus en plus appuyé. Madame en profite pour commencer à se préparer, à se pomponer, mais elle ne peut être rassurée tant qu’il n’est pas sur place, là, en chair et en os. Sa mère est très présente, et investie mais avec un peu de réticence, toujours à cause des différentes déceptions. Elle ne voulait pas s’emballer, avait cette peur de revoir sa fille souffrir de nouveau. Alors tout en la soutenant elle émettait des réserves. Rien contre lui, elle l’adore et ne doute aucunement de sa détermination à venir lui prendre la main de sa fille.

Le jour du départ approche mais quand ce n’est pas le moment, ce n’est vraiment pas le moment. Décidément! Visiblement la météo n’était pas bonne, il a alors préféré annuler son vol. Puis un autre risque d’annulation survient à cause du nouveau protocole sanitaire à respecter, à savoir faire le dépistage du Covid-19 72h avant le jour du départ. Mais fort heureusement, il l’a échappé belle en partant finalement la veille. Ça y est, il était dans ce vol, plus qu’à quelques heures de la retrouver, de se retrouver.

Une arrivée pleines d’émotions

Pendant que monsieur compte les heures, madame s’occupe comme elle le peut pour qu’elles passent encore plus vite. Pâtisserie, amuses bouche, ménage… Il fallait que tout soit prêt pour pouvoir pleinement profiter de chaque minute, de chaque seconde, plus tard. Elle n’ira pas le chercher à l’aéroport. Non, c’est sa mère qui s’y colle. Accompagnée de membres de sa famille, elle l’accueille chaleureusement avec ces fameux colliers de jasmin qu’on aime tant. Le voilà tout intimidé, c’est quelqu’un qui aime la simplicité, quelqu’un de très discret, enfin peut-être.

Et c’est parti, en route pour retrouver sa dulcinée. Oui, il ira la voir en premier avant de rentrer chez lui. Vous visualisez un peu? Enfin, il est là. À peine il traverse la porte qu’elle lui saute dans ses bras. Il a encore son sac à dos, son bagage en main. Elle pleure, autant qu’elle sourit. Un câlin qui aura duré, mais pas assez longtemps pour rattraper le temps. Mais comment ne pas pleurer après avoir surmonté tout ça, après avoir été tant privé l’un de l’autre. Les voilà, de nouveau ensemble, plus forts et plus amoureux que jamais. La suite ne pourra être que plus belle.

Un mariage au jour le jour: exit l’organisation

Ils ne se quittent plus. Mais que feriez-vous, vous? Il passe quasiment toutes ses journées chez elle. C’est de plus en plus officiel. Les discussions entre les familles se poursuivent timidement, mais quoi qu’il en soit, ils iraient jusqu’au bout cette fois. Puis très rapidement, un premier rendez-vous est un fixé. Il était question de parler de la dote. Eh oui, on peut échapper à tout, sauf à ça. Pour rappel la dote est un dû pour la mariée, et chacun est censé la donner à hauteur de ses moyens. Normalement! Je vous invite à lire « Le business des mariages comoriens en France » pour comprendre ce normalement. Encore une fois, son contenu n’est que ma perception des choses.

Donc à cette occasion les familles devaient se rencontrer pour fixer son montant. Madame s’est faite toute jolie au cas où la famille de son homme demanderait à la voir. Elle a eu raison d’ailleurs. Elle s’est faite maquillée pour la première fois, vêtue de son caftan blanc telle une princesse orientale. Les discussions se sont très bien passées, à une vitesse incroyable. Ça mangeait, ça dansait, ce fût le début d’un mariage qui aura eu pas moins de trois étapes. Trois fois plus de bonheur donc.

Le jour de la dote

Tout le monde était content, et notre jeune couple aux anges. Ils pouvaient enfin se regarder, se sourire, se tenir la main et se câliner en toute liberté. Enfin du concret. Il y avait une telle ambiance que ça a dû déclencher quelque chose qui allait faire toute la différence. Vous devinez quoi? Oh grand oui, la mère de Monsieur veut finalement être là le grand jour. Elle ne veut pas louper ce moment, le mariage de son fils chéri. Celui qui allait la rendre plus fière que tout. Septique pendant ces longues années, la volonté de son fils l’aura emporté. Au final le plus important pour une mère, un père, c’est ça, voir son enfant heureux. Et pour le coup il était très heureux. Comme on dit chez nous, Macha’Allah!

Dans l’attente de belle maman…

Il fallait maintenant faire une petite pause, attendre que future belle-mère arrive. Mais comme tout était trop beau pour être vrai, il fallait quelques frayeurs pour pimenter les choses. Toujours dans le contexte de la Covid-19, il fallait donc faire le fameux test 3 jours avant de prendre le vol en direction de Mayotte. Mais à la veille de son départ, elle n’avait toujours pas ses résultats. Le voyage fût alors annulé pour elle. Grosse déception pour tout le monde! Pour sa deuxième tentative de départ, elle arrive à l’aéroport de Paris mais se fait recaler car cette fois il dépassait les 72 heures. Décidément, quand ça ne veut pas, on ne peut y faire grand-chose. Découragée, elle se résout à rater le mariage de son fils et reprend le train pour retourner chez elle….

C’est triste n’est-ce pas? Mais Non, ça n’arrivera pas car elle va retenter le coup une troisième fois. Et oui, c’est bien la bonne. Là voilà enfin sur le sol mahorais, elle aussi a droit à son collier de jasmin bien sûr. Alors qu’elle est en route pour chez elle, à peine arrivée donc, elle fixe la date du mariage. Mais non, quoi? Déjà? Mais pour quand? Tenez vous bien, à seulement 48 heures plus tard. Oui, tout s’accélère soudainement. Mais heureusement pour notre future mariée, elle était prête. En effet, au fur et à mesure elle se préparait, ne sachant pas trop comment ça allait se passer.

Le Halal ou Hlel : Enfin mariés!

Le Hlel, c’est le mariage religieux, le plus important pour les musulmans. C’est celui qui selle officiellement l’union. Il n’y a pas besoin que tout le quartier soit là, ça peut se faire en discret. Ils l’avaient tellement attendu ces deux là. Et voilà que leur souhait pour ne pas dire rêve, allait enfin se réaliser.

Le jour du Hlel

C’était le 9 août dernier, oui c’est tout récent. C’était prévu très tôt le matin. Mais comme toujours, il fallait un petit quelque chose pour venir les déstabiliser. À 06h00 elle était déjà prête, vêtue de son sahari, de manière très traditionnelle. Elle était prête à devenir la femme de son homme. Et lui était prêt à faire d’elle sa femme. Mais elle commençait à paniquer, le temps s’écoulait et elle ne le voyait toujours pas franchir cette porte. Il y avait ce qu’on peut appeler un gros retard. J’ai vécu la même chose à mon mariage, c’est horrible. La crainte qu’il ne vienne plus, qu’il ne veuille plus … Mais soyez tranquilles les amis, quand Dieu dit oui personne ne peut dire non. Les voilà, qui arrivent. Il est bien entouré, ses deux parents, sa tante et l’Imam. C’est l’émotion dans toute la maison. En effet je ne détaille pas tout, mais vous imaginez bien qu’il y avait du monde, tout l’entourage de madame était présent pour ce moment inoubliable. Sa maman, son papa, ses frères et soeurs, ses oncles et tantes… Après les serments et les bénédictions, le voilà enfin qui lui met la bague doigt. Il faut savoir que cette étape là procure beaucoup d’émotions. Ou peut-être faut-il l’avoir vécu pour le ressentir. Je me revois!

Je fais une petite parenthèse pour vous dire que dans cette vie, il ne faut jamais perdre espoir, jamais! Chacun son jour ou comme on dit chez nous, chacun son dimanche !

Quel jour festif, quel bonheur! Des larmes de joie qui ne cessent de couler de part et d’autre. Des sourires et des rires aux éclats. Le voilà enfin, leur bonheur. Elle n’a jamais autant dansé, lui aussi d’ailleurs. Il fallait profiter pleinement de ces instants merveilleux, inoubliables. C’était leur jour, celui qu’ils avaient attendu quatre années durant. La suite n’était que bonus pour eux. La troisième étape de cette aventure sera de faire savoir à tous que leurs enfants étaient mariés.

Le grand final : le chidjabu

C’est maintenant autour des parents de se réjouir. Les familles sont unies, il y a de la joie, de l’amour. Qui l’aurait cru, c’est tellement beau à voir. Il est important pour les mamans comoriennes, maoraises d’exprimer leur fouraha et de le communiquer à leur entourage (familles, amis, voisins…). Le grand mariage de Mayotte c’est le manzaraka ou mandzaraka. Une étape importante qui demande d’avoir des moyens financiers conséquents. Mais pour eux, il n’était pas question de faire ça dans l’immédiat. Plus tard peut-être. Alors elles (les familles) ont opté pour le chidjabu, c’est presque la même chose, mais normalement moins coûteux, oui normalement.

Le jour du chidjabou

Là il fallait un peu plus d’organisation. À cette occasion la famille de la mariée prépare à manger (riz, salade, viande, boissons etc…) et la famille du marié vient avec ses invités profiter du festin. La reine du jour reçoit de l’argent, des bijoux et des cadeaux de la part de ces derniers. Une journée rythmée par les chants, la danse, la joie et la bonne humeur… Que demander de plus! Cerise sur le gâteau, la maman du marié offre à son fils une arrivée en limousine. Et à la fin de la cérémonie, c’est à bord de ce dernier que notre jeune couple partira pour aller profiter pleinement d’un beau week-end en amoureux. Elle était contente, ça pouvait se lire sur son visage, on peut même aller plus loin et dire qu’elle était fière, très fière de son fils et de sa désormais belle-fille. N’est-ce pas une belle fin ou plutôt le début d’une plus belle histoire!

C’est un rêve qui s’est concrétisé le jour même de leur anniversaire de rencontre, ou plutôt de leur début de relation. Quatre ans, jour pour jour! Ils se marièrent et Incha’Allah auront beaucoup d’enfants…

À la fin du chapitre précédent on se posait la question de savoir si 2020 allait être leur année ? C’est une année très difficile pour le monde entier, et très sombre pour beaucoup, nous en sommes tous conscients. Mais malgré les difficultés, les tragédies, on peut encore vivre de beaux moments, car oui malgré tout, la vie continue !

J’espère que l’histoire de ce jeune couple vous aura (re)donné de l’espoir. Tout n’est pas tout noir ou tout blanc, il faut savoir s’adapter, être partient. L’amour à lui seul ne suffit pas pour tenir une relation, encore moins une relation à distance. Il faut avoir confiance en l’autre, y croire… Alors n’abandonnez pas, explorez toutes les options et vous trouverez la solution à votre situation.

Amoureusement,

NasYou!

Je n’ai pas choisi d’être noir et tu n’as pas choisi d’être blanc

C’est difficile parfois de réagir sur l’actualité. Et malheureusement celle-ci ne cesse jamais. Les gens sont énervés, une colère légitime qui existe depuis la nuit des temps. Aujourd’hui le moindre petit faux pas peut te valoir ton travail, ta vie sociale. Les réseaux sociaux font le job. Il faut constamment prendre position, être d’un côté ou de l’autre. Oui, parce qu’on a parfois l’impression que le monde est divisé en 2 camps. Mais si nous (nous particuliers, personnes lambdas, oui nous) étions fatigués de choisir à chaque fois? Si nous souhaitions juste vivre avec qui on veut, rire avec qui on veut, partager notre pain avec qui on veut et ce peut n’importe la couleur, la religion? J’ose espérer que celà puisse changer un jour. Oui, nous sommes bien en 2020, mesdames et messieurs et le débat existe toujours.

Je n’ai pas un statut social en jeu, ai-je tout de même le droit de m’exprimer ? Je ne suis pas très forte en histoire mais je sais que tout ce qui se passent aujourd’hui est la conséquence d’un passé douloureux. Certains avaient pris leurs aises, la situation les arrangeait et ils ne veulent toujours rien changer des siècles plus tard. D’autres ont évolué et se sont rendus compte que ce qui semblait bon hier, ne l’ai plus aujourd’hui. Ils essaient de réparer et de ne pas répéter les erreurs dont ils ont hérité. Ont réalisé qu’il est temps de comprendre une bonne fois pour toute que L’HOMME est fait de chaire et d’os, qu’il est doté d’un esprit, d’une conscience; et ce, n’en déplaise à certains, qu’il soit noir, blanc, vert, marron, bref peu n’importe la couleur.

JE N’AI PAS CHOISI D’ÊTRE NOIRE…

Non, je ne l’ai pas choisi. Et si j’avais eu le choix l’aurais-je fait ? Je n’en sais rien. Parce qu’en quittant le ventre de ma mère je ne savais pas dans quel monde je débarquais, ni même pourquoi j’étais là. Alors on peut se plaindre et dire que la vie est injuste ou essayer de faire le nécessaire pour vivre celle qui nous semble plus juste.

Je peux envier une personne qui a les cheveux lisses et facile à coiffer je vous l’accorde. Mais de même qu’elle peut envier les miens pour leur volume et leurs boucles naturelles (bon d’accord je ne les ai pas). Je peux envier quelqu’un pour sa bonté, pour son humanité et ce n’est pas la couleur qui définit ça. Je sais qu’aux yeux de notre créateur ce n’est pas ta couleur qui fait de toi un homme meilleur, mais plutôt ce que tu as dans le coeur, la bonne intention de tes actes…

Alors non, je n’ai pas choisi d’être noire et je ne vais pas me plaindre de l’être. J’aime ma peau, ma culture, ma religion et choisir de les changer pour ressembler à d’autres ne fera pas de moi une personne supérieure, meilleure. « Si ma vie te dérange, occupe-toi de la tienne ». De la même manière que tu n’es pas obligé de me ressembler, je ne suis pas non plus obligée de te ressembler. Non, il n’y a pas besoin de tout changer car il est logiquement possible de vivre avec nos différences. Il faut juste s’adapter, s’accepter. J’ai travaillé avec une équipe cosmopolite, avec chacun sa vision des choses, son teint, sa culture, sa religion. Certains mangent du porc, d’autres halal et ça nous a jamais empêché de nous réunir autour d’une même table durant nos sorties et nos pots de départ.

LE RACISME ?

Le racisme existe partout et sous différentes formes, c’est un fait. Et c’est avoir tort que de refuser de le reconnaître. C’est faire semblant de ne pas vivre dans ce monde. Mais bien sûr que non tout le monde n’est pas raciste, qu’il y a eu des efforts accomplis, fort heureusement. J’entends souvent des personnes qui généralisent, il ne faut pas. Et si on évoluait, et si on se respectait? Et si tout simplement on acceptait de redonner à L’HOMME sa place d’être humain ? Et si on ouvrait les yeux pour réaliser, enfin, que peu importe notre couleur de peau, ça ne changera pas notre destination finale (oui on va tous crever). En voilà un point d’égalité.

Je suis consciente que nous ne vivons pas dans un monde de bisounours, que certains ont besoin de « pouvoir » pour survivre. Quitte à piétiner les autres, à en faire des choses. Que tu sois un blanc détestant un noir ou inversement, c’est ton droit, ton problème. Mais sache juste que tu n’as pas besoin de communiquer ta haine au monde entier. Tu ne m’aimes pas? C’est ton choix, mais je ne te demande qu’une chose: « respecte-moi! »

Noir, blanc ? … Ah si seulement nous avions su quel monde de fous nous attendait. On peut se poser la question de savoir ce que nous aurions pu faire de différent cela-dit. Vous imaginez que nous sommes arrivés à un point où l’on doit peser mille fois ses mots avant de les prononcer. À un point où l’on ne peut plus rire de nos différences sans être taxé de tous les propos. Tout ça parce que quelques privilégiés capricieux refusent d’évoluer avec le temps.

J’ai sûrement vécu le racisme comme beaucoup d’autres, de par ma couleur, ma religion, mes origines… Mais vous savez quoi je n’aurais même pas d’exemple particulier à vous donner car je crois qu’inconsciemment j’ai toujours refusé de me positionner comme une victime. J’ai sûrement été raciste à un moment de ma vie aussi, je pense qu’on l’a tous été (en privé ou en public), vis à vis d’un noir, d’un blanc, d’un asiatique, d’une religion, d’une communauté … Même si c’est sans gravité ça reste du racisme on est d’accord. Mais ce que je ne pourrais jamais comprendre par contre, c’est cette haine… Le fait d’haïr une catégorie de personnes au point de vouloir les voir mourir et pire encore de les tuer sans aucun scrupule. Au point d’ôter des vies dont ils seront incapables de rendre.

Veuillez m’excuser si j’ai été maladroite dans mes propos, si j’ai bâclé le sujet. Peut-être saurez-vous m’éclairer sur quelques points. J’ai juste ressenti ce besoin d’expression. Quelles sont vos opinions sur ce sujet plus que sensible, vos expériences ? Quel regard portez-vous sur ce monde ? Pour ma part une chose est sûre tant que nous continuerons à nous considérer comme des adversaires, nous n’en finirons jamais avec ce fléau. Ahh le pouvoir !

Allez, aimons nous les uns, les autres …

NasYou.

Le pardon…

Le pardon. Que vous inspire ce mot? Je pense que nous en connaissons tous la définition, mais vous dit-il quelque chose ? Pensez-vous être en attente d’excuses ou en devoir à quelqu’un?

Il n’est un secret pour personne que justement « personne » n’est parfait, que nous commettons tous des erreurs. Oui, mais il y a erreur et erreur me direz-vous. Vous êtes-vous déjà posé (e) un instant pour penser à tout le mal que vous avez pu faire, au tort que vous avez pu causé à autrui ? Nous sommes souvent trop fiers pour l’admettre, et nous pouvons autant l’être pour essayer de le réparer, à commencer par demander qu’on nous pardonne par exemple.

POURQUOI DEMANDER PARDON?

Tout le monde n’a pas la faculté ou même la capacité de demander pardon. Pour le faire faudrait-il déjà reconnaître qu’on a causé du tort, se sentir coupable. Hors il arrive d’agir de manière impulsive, innocente, sans forcément avoir prémédité le geste et ainsi ne pas constater l’ampleur de ce dernier pour la personne l’ayant subi. Ça peut être des paroles, des actes. À contrario, si vous humiliez votre ami, votre voisin, pour le plaisir de le voir souffrir en vous persuadant que c’est légitime et qu’en plus ça vous apporte une satisfaction quelconque, vous êtes parfaitement conscient (e) de votre geste. Il arrivera forcément un moment où celà va vous ronger, du moins je l’espère car c’est avoir au fond de vous un peu d’humanité. Ça peut prendre un jour, trois mois, 10 ans, le fait est qu’avec le temps on réalise des choses, et l’on éprouve des regrets (pas toujours pour certains). « Pourquoi ai-je fait ça ? »

Demander pardon c’est s’enlever un poids. Rien ne prédit que vous serez pardonné (e), mais au moins vous aurez essayé. Ça n’effacera pas le mal que vous avez fait, ça ne résout pas tout. Mais sachez-le, le sentiment qui accompagne votre démarche est peut-être même plus important que le fait de lui dire « pardonne-moi. » Il faut le vouloir, y croire. Oui parce que présenter des excuses en souriant et sur un ton moqueur n’a rien de sincère. Et voilà ce qu’il faut, de la sincérité. Faire entendre à votre victime que vous avez compris, que vous en êtes réellement désolé (e), que vous le regrettez.

« Les actions ne valent que par leurs intentions. »

Il y a des choses qui nous semblent insignifiantes, « oh mais ce n’est rien, je rigole. » Mais si après coup vous vous rendez compte que vous venez de faire quelque chose que vous n’auriez pas aimé qu’on vous fasse, c’est que ce n’était pas si marrant que ça en réalité. Prendre alors l’initiative d’entreprendre la démarche est peut-être nécessaire.

Souvent je m’interroge sur mes erreurs du passé, de jeunesse. Et je n’utilise pas le mot « jeunesse » pour me dédouaner de quoi que ce soit. Je commence à me sentir vieille simplement. Je repense à cette vie passée la comparant à la présente. Je réalise que j’ai été inconsciente à certaines périodes, voire-même stupide. Qu’il y a sûrement des personnes pour lesquelles mon prénom évoque de la colère, justifiée ou pas. J’en ai bavé, vous aussi peut-être, mais ça n’excuse rien. Non parce qu’il y a des gens qui estiment avoir plus le droit de faire du mal parce qu’ils ont subit pire. Non et non … Votre douleur aussi légitime soit-elle ne doit pas être transmise à tout le monde. Si on vous a fait souffrir à un moment de votre vie, vous savez sûrement que ce n’est pas agréable, que c’est émotionnellement pénible. Mais alors quel plaisir pensez-vous ressentir à le faire subir à d’autres? Cela peut-il vous aider dans votre processus de guérison ?

« Je te demande pardon si des années plus tard revoir mon visage te stresse? Si j’ai été cause d’une de tes larmes, d’une de tes nombreuses blessures. Je te demande de m’excuser pour ne pas avoir réalisé à quel point je t’ai blessé, si je t’ai autant blessé. Mes paroles n’effaceront rien certes, mais je tenais à ce que tu le saches. Pardonne-moi ! »

POURQUOI PARDONNER ?

Vous est-il déjà arrivé de vous sentir coupable d’avoir refusé des excuses ? C’est un peu ironique parce que l’autre se sent soulagé d’avoir sauté le pas et vous peut-être un peu mal de ne pas arriver à donner satisfaction à sa demande. Il va pouvoir mieux dormir en se disant « j’ai fait le nécessaire, j’ai fait ce qu’il fallait faire » et vous continuer à vous ronger l’esprit et le coeur en y repensant tout le temps. C’est juste horrible. Il n’y a rien de scientifique dans mes dires je le souligne, je relate juste mes pensées et du vécu.

Donc, oui souvent je repense à cette douleur enfouie. Cette même douleur qui remonte à chaque fois qu’un élément déclencheur se manifeste. Puis je m’interroge à la façon de la faire disparaître, de m’en défaire. Je me dis que pour ma paix intérieure je devrais prendre l’initiative de pardonner. Parce qu’attendre des excuses qui ne viendront sans doute jamais c’est très pénible. Puis il ne faut pas forcer les choses. Comme je le disais plus haut il faut avoir conscience du mal qu’on a pu faire avant de penser à se faire pardonner. Donc oui, à quoi bon ? Le temps n’attend pas, et contrairement à ce qu’on se dit parfois, il ne se rattrape pas non plus.

Pardonner n’est pas oublier. On peut pardonner sans pour autant effacer le passé, sinon plutôt s’en libérer et avancer. Je ne dis pas qu’il faut souffrir pour être fort, mais il faut dire ce qui est. Généralement notre vécu aussi malheureux soit-il conditionne la personne que l’on devient plus tard. Il y a ceux qui arrivent à se relever en faisant une force et ceux qui continuent d’en souffrir au point de ne plus être que l’ombre d’eux-mêmes. Cette dernière n’étant clairement pas la meilleure des suites.

Donc oui, on peut pardonner sans qu’on nous demande de le faire. Il faut se libérer de ce poids, qui pèse lourd dans votre vie. Le faire ne veut pas dire que vous rendez service à l’autre. Non, ne partez pas de ce principe. Si votre bien être personnel vous semble plus important que ce que peuvent bien penser les autres, alors n’hésitez pas. Oui, j’aimerais que ce soit aussi simple. Peut-être pourrais-je alors arriver à me l’appliquer.

 » je décide par ces paroles de te pardonner. Je le fais pour moi, pour pouvoir avancer. Sache que tu n’as plus aucune influence dans ma vie, que j’ai survécu et que je vais vivre à présent. Tu m’as fait du mal, je ne sais pas si tu en es fier (e) mais je suis bien plus fort (e) que tu ne le penses. Alors oui je te pardonne mais je n’oublie pas »

MAIS ENCORE… ?

C’est un fait, nous faisons tous des erreurs plus ou moins graves. Nous avons tous déjà fait du mal de manière plus ou moins volontaire. Certains se sentent fiers, d’autres coupables, mais peu réalisent l’impact que leurs actions (même minimes) peuvent avoir dans la vie de leurs victimes. Vous avez peut-être subi un harcèlement scolaire, vous avez été humilié (e), violé (e), trompé (e), mal traité (e)… Je pars un peu dans l’extrême mais ça n’arrive que trop souvent malheureusement. Vous réalisez aujourd’hui que cette période vous a profondément marqué, conditionné, mais vous savez aussi qu’il est possible de tourner la page. Je vous l’accorde, ce n’est pas si simple, je ne le sais que trop.

Pardonnez pour vous apaiser. Pardonnez sans attendre qu’ils viennent vous l’implorer. Pardonnez-leurs sans même leurs dire un mot. Faîtes-le pour vous. N’oubliez pas, mais pensez à la chance que vous avez d’être encore là, de pouvoir changer les choses. D’autres n’ont pas pu, ne pourront jamais le faire.

Demander pardon n’est pas un signe de faiblesse et pardonner ne fait pas de vous une personne faible. Vivez le coeur apaisé, avancez et laissez derrière vous toutes ces choses qui ne pourront que continuer à vous nuire. Nous avons tous réalisé à quel point la vie est fragile, alors soyons forts. Dieu éprouve parfois ses créatures, il a éprouvé les meilleurs d’entre nous, nos exemples pour ce bas monde et l’au-delà. Alors ne perdez pas espoir et relevez-vous du bon pied.

NasYou.

Comment optimiser son confinement?

Version vidéo. Nanas & You

Pour vous aussi les journées semblent interminables ? C’est très difficile de tirer du positif dans le contexte actuel. Des centaines de vies s’envolent en un temps record un peu partout dans le monde et de manière simultanée. On entend des chiffres et des pourcentages et certains ont du mal à visualiser que derrière se trouvent des Hommes. J’adresse à titre personnel mes condoléances à toutes ces familles endeuillées et à toutes ces victimes qui partent seules, sans les adieux de leurs proches.

Le fait est que pendant ce temps la vie continue pour les autres. Non personne n’échappera à la mort il n’y a donc là aucune réjouissance. C’est cependant une chance énorme de pouvoir continuer à respirer. Mais quel sens donner à notre vie après celà? On nous le dit et on ne nous le répétera jamais assez, RESTONS CHEZ NOUS POUR SAUVER DES VIES. LA NÔTRE ET CELLE DES AUTRES.

Alors oui, celà peut sembler difficile. Il est vrai que l’être humain a souvent envie de faire le contraire de ce qu’on lui demande mais il est là question de santé publique donc NON, on ne sort pas sauf en cas de nécessité absolue. Et une fois qu’on a compris celà, qu’est-ce qu’il faut faire? Comment faire pour ne pas craquer?

C’est sûrement très difficile pour beaucoup de voir leurs habitudes chamboulées du jour au lendemain. Ne plus courir après le métro pour arriver à l’heure au travail, discuter avec ses collègues, allez prendre son café en bas de chez soi, faire la fête avec ses copains… Nous sommes conditionnés à assumer et à faire tellement de choses, même ce qui nous apporte aucun plaisir, ni intérêt particulier. On se retrouve souvent à exécuter pour être dans les normes de la société. En parcourant les réseaux sociaux on se rend un peu compte que les gens prennent conscience de beaucoup de choses. Ou peut-être est-ce seulement l’effet pandémie à l’instant T.

Il est pourtant possible de revoir, sans jeu de mots, sa perception de la vie. Bien évidemment il faut se poser un tas de question. Nous en avons déjà parlé dans l’article précédent « Si, si je pouvais » dans lequel je parle de ce que j’aurais aimé faire si les « Si » apportaient quelque chose.

Vous vous retrouvez peut-être pour la première fois depuis très longtemps en famille. Je veux dire au même endroit et au même moment… Peut-être est-ce l’occasion de vous raconter toutes ces histoires que nous n’avez jamais pu relater par manque de temps. Vous avez constaté des choses qui n’allaient pas? Parlez-en, en partant du principe que dès la fin de cette crise, il y aura un nouveau départ.

Vous avez des projets ?

Il faut en profiter pour faire le point. Faîtes des recherches, soumettez votre idée à une personne de confiance qui pourrait éventuellement vous conseiller, vous aider. Dîtes-vous par exemple que c’est le moment ou jamais afin d’en évaluer son importance à vos yeux. Êtes-vous prêt à vous lancer? Ceci est valable pour un projet professionnel ou personnel. Si vous contez faire une demande en mariage ça compte comme un projet (eh bien oui, mais ne demandez rien à sa copine, elle va tout balancer).

Vous êtes parents?

Celà doit sûrement être très dur pour vous d’assumer en plus de votre rôle de père ou de mère, celui de professeur que vous n’êtes pas. Petite parenthèse, c’est le moment pour tous ceux qui répètent à leurs enfants à tout bout de champ: « moi quand j’étais à l’école à ton âge, je faisais partie des meilleurs« , de le prouver. « Et je n’ai jamais demandé de l’aide à mes parents » (on vous croit hihi). Partez du principe que vos parents n’étaient pas cool et que vous, vous voulez bien aider votre enfant. Vous avez là l’occasion rêvée de lui montrer vos compétences. Plaisanterie à part, profitez-en pour développer votre relation et arriver à créer des souvenirs qu’il/elle prendra d’exemple (en bien) quand il parlera de vous. Laissez-lui l’occasion de vous parler de ses amis, des gens qu’il aime moins et qui l’aiment moins aussi. De jouer, sourire et rire avec vous. Développez ensemble une complicité parent/enfant. Devenez aussi son ami. L’un n’empêche pas l’autre.

Vous aimez quelqu’un en secret ?

Mais bon sang, vous avez réellement attendu que je vienne vous le dire? Bien évidemment qu’il faut lui en parler. Vous ne vivez pas au même endroit? D’accord. Elle/il vous manque? Si oui il est peut-être temps de prendre votre téléphone. Vous aurez sans doute les mains moites, la voix tremblante mais si mourez demain (façon de parler) vous n’allez pas regretter (je l’espère). Si elle/il ne ressent pas la même chose que vous ce n’est pas grave hein. Life must go on. Bon maintenant si après une semaine de confinement vous ne ressentez aucun manque de la personne passez peut-être à autre chose, vous comprenez bien que le temps est précieux.

DES DIFFICULTÉS AVEC VOTRE PARTENAIRE?

Il est peut-être temps d’aller lire  » la Communication dans le couple. » Par contre ce n’est clairement pas le bon moment pour vous embrouiller à part si vous avez un T5 et que vous pouvez éviter ses regards diaboliques 😁. Blague à part, j’ai une énorme pensée pour toutes ces personnes qui se retrouvent confinées avec leurs bourreaux et qui subissent une double peine. Soyez fort. N’attendez pas la fin du confinement pour oser en parler. Il sera peut-être trop tard. Essayez d’alerter quelqu’un en toute discrétion, même si je le sais bien, il sera très difficile. Appelez le 119 pour la maltraitance infantile et composez le 17 en cas d’urgence pour des violences conjugales. Le 3919 a aussi été mise en place pendant cette période de confinement, appel gratuit et anonyme. Soyez les sauveurs de vos voisins et non les spectateurs de leurs morts.

Ce que je fais de mon confinement ?

Personnellement je suis en confinée avec mon mari et ma petite soeur. Je vous avoue que cette période difficile nous rapproche (ah youpiii). On joue ensemble, chose qu’on ne peut pas faire en temps normal car préoccupés par les besoins de la société (école, travail). Alors on est sur du UNO, d’ailleurs ce jeu crée vraiment des tensions. Je ne pense pas que ce soit le plus adapté à la situation (entre les règles non respectées, la tricherie, c’est la pagaille). Néanmoins, on rigole, beaucoup même. Pour oublier un peu, mais c’est très difficile de faire comme si tout était normal. Ça ne l’est pas. Je réfléchis à des projets personnels et professionnels que j’aimerai mettre en oeuvre. Je vous en parlerai si aboutissement il y a. Je ne télétravaille pas donc les journées sont assez basiques. Manger, prières, divertissement en famille et je regarde de moins en moins les infos car je pleure à chaque fois que des chiffres tombent (oui j’ai un coeur fragile).

Vous l’avez compris, nous avons tous là, la possibilité de prendre un nouveau départ. De classer nos priorités, nos besoins et nos envies. De faire un retour dans la vie active avec un nouvel état d’esprit (très positif je l’espère). Et de vivre pour nous et non pour les autres. Dans ce malheur qui a mis le monde à l’arrêt, prenons les bonnes résolutions et n’attendons pas la fin de l’année. On s’est tous déjà dit (ou pas), « 2020 c’est mon année. » Oh qu’elle début d’année n’est-ce pas! Mais elle n’est pas encore terminée et on espère être encore là pour vivre des jours meilleurs.

Prenez soin de vous, des vôtres et des autres. Soyez OPTIMISTES, mais surtout RESTEZ CHEZ VOUS BORDEL!

Le confinement: restons chez nous, sauvons des vies.

NasYou .

Covid-19: Corona-conscience?

Comme nous l’avons tous constaté, le monde entier traverse actuellement une crise sanitaire qui ne cesse de se rependre. Une crise qui embarque avec elle certains des nôtres et nous n’en sommes pas plus épargnés nous-mêmes. Une crise qui nous fait prendre conscience de beaucoup de choses. Finalement pas besoin de grand-chose pour VIVRE…

On se rend compte de plus en plus à quel point la situation s’aggrave chaque jour et par la même occasion à quel point l’être-humain est fragile. La maladie (en l’occurrence ici le Covid-19) n’a aucune distinction sociale, aucune préférence de classe, aucune préférence de race: pauvre, riche, noir, blanc, tout le monde y passe.

On observe une forme de sagesse chez les uns et les autres. Il faut dire qu’il y a de quoi. Peut-être est-ce la peur de quitter ce monde de manière prématurée. Personne ne mérite de partir, même si c’est un passage inévitable pour l’homme. Nous le savons, chacun son destin et on ne peut réellement le fuir. C’est toujours dans ces moments difficiles que les uns et les autres se comprennent, qu’ils s’aiment, qu’ils se soutiennent. On peut également observer une forme de solidarité presque mondiale. Même les partis politiques font une trêve (tout en continuant quand-même à se lancer des petits pics). Mais malheureusement dès que la tempête passe c’est le retour à l’individualisme (bien que c’est déjà un peu le cas avec ceux qui dévalisent les magasins sans penser à la vielle dame qui n’a pas la force de se battre pour attraper le dernier paquet de pâte), à la guerre financière, à la frime etc. Celà dit, ainsi va la vie.

Finalement on réalise en observant les annonces du gouvernement pour la protection de la population, que le plus important, outre nos obligations religieuses (je parle de toutes les religions) et il en va du choix intime et personnel de chacun, c’est de pouvoir bien manger et bien se soigner. Finalement le simple fait de bien respirer, n’est-ce pas déjà celà, vivre?

En effet, dans la vie de tous les jours il faudrait pouvoir distinguer l’utile, l’indispensable et l’ agréable. Bien-sûr qu’il faut s’amuser, sortir, partager des moments de plaisir avec nos proches … Mais je veux dire avec cet exemple qu’il faut quotidiennement penser à l’essentiel dans ce bas monde. Qu’est-ce qui est le plus important pour nous? De quoi avons-nous réellement besoin pour vivre, pour être heureux? Quels sont nos objectifs…? Ou bien faut-il attendre ces grandes épreuves de la vie pour nous remettre en question?

Je m’arrête là en y rappelant ces gestes simples et basiques mais permettant de sauver des vies dans ce contexte de pandémie du Coronavirus. Peut-être la vôtre, la leur, finalement la nôtre.

  • Se laver les mains régulièrement
  • Tousser ou éternuer dans son coude ou dans un mouchoir
  • Saluer sans serrer la main, éviter les embrassades
  • Utiliser des mouchoirs à usage unique et les jeter
  • Éviter les rassemblements, limiter les déplacements et les contacts
Source : Gouvernement.fr

Pour rappel sont fermés ou interdit tout ce qui n’est pas indispensables à la vie du pays (liste non exhaustive)

  • Les rassemblements de plus de 100 personnes (oui même les mariages si possible)
  • Les cafés, bars et restaurants
  • Les cinémas
  • Les spectacles, les salles de danses, de jeux …
  • Les expositions, les stations de ski

Sont ouverts et permis tout ce qui est nécessaires à la vie citoyenne.

  • magasins et marchés alimentaires
  • les pharmacies
  • Les banques
  • Les stations d’essence
  • Les bureaux de tabac et de presse
  • Les transport en commun

Portez-vous bien, protégez-vous, veillez sur votre entourage et n’oubliez pas de RESPIRER PROFONDÉMENT pour apprécier cette vie si fragile.

NasYou.

STOP aux violences sur mineurs aux Comores

J’aurai aimé vous partager de la joie et de la bonne humeur, mais il faut croire que c’est de plus en plus difficile avec le climat actuel. Vous l’avez compris en lisant le titre, je ne vous parle pas du CORONAVIRUS COVID-19 qui est entrain de faire des ravages. D’ailleurs faîtes attention à vous et soyez vigilants. C’est donc le sang glacé que je me suis saisis de mon téléphone pour pousser ce coup de gueule. Il est difficile en tant qu’être humain de rester insensible face à des agissements aussi graves et répétitifs. Nous avons déjà parlé du viol et ses conséquences concernant les adultes dans l’article Grossesse issue d’un viol que je vous invite à lire si ce n’est déjà fait. Mais force est de constater que les enfants le subissent de plus en plus et que j’ai l’impression que c’est devenu normal. Peut-être qu’au fil de cette lecture vous me direz: d’accord, mais qu’est-ce tu proposes comme solution? Je n’ai pas de solution miracle je vous l’accorde. Mais si nous commencions par en parler ensemble, ça vous dit?

HIer, vers 02h00 du matin je me lève de mon canapé (sur lequel je m’étais endormie) pour rejoindre mon lit avec mon portable en main. Et là je vois une notification d’une page Facebook que je suis. Je clique dessus et je tombe sur une interview de 7 minutes (elle est en comorien), une vidéo dans laquelle on explique qu’il y aurait encore un nouveau cas de viol sur un mineur survenu la semaine dernière. Il aurait 9 ans et son bourreau 18. J’en parle car j’ai l’impression de n’entendre que ça tous les jours et que c’est devenu banal. C’est très grave!

Qui sont les victimes?

Selon l’intervenant, membre de l’ONG Hifadhu Comores depuis janvier 2020 il y aurait déjà 6 cas de viol sur jeunes garçons et au moins 37 cas sur jeunes filles. Et encore ce sont les cas connus, dénoncés. Ce sont des enfants, des innocents à qui ont brise la vie sans l’avoir vraiment connu, la plus jeune victime étant âgée d’un an, seulement.

Qui sont les bourreaux?

Il n’y a pas d’âge moyen. Ça va du mineur au vieux papi de presque 70 ans. Des inconnus, mais surtout des hommes de l’entourage proches. On y trouve des professeurs (école classique et école coranique), des amis de la famille, des oncles, des beaux-pères …

Que faiT la justice ?

La justice ne fait pas grand chose ou peut-être pas assez. Du moins de ce qu’on en lit, de ce qu’on entend. Dès qu’un agresseur présumé est identifié, on apprend aussitôt qu’il est parti dans un pays voisin, qu’il est caché par des tiers… Selon son statut social il peut même continuer sa vie sans crainte évitant d’être présenté devant un juge moyennant une quelconque somme à destination de la victime (comme une sorte de dote quoi) … Selon une étude menée en 2003 par les Nations Unis, sur 599 cas d’agressions sur mineur recensés entre 2000 à 2002, seulement 64 jugements ont été prononcés sur les 3 îles de l’archipel des Comores (voir les images ci-dessous). Vous me direz peut-être que ça date, mais en 20 ans les choses n’ont pas tellement évolué ou pas assez. 551 cas relevés en 2017 selon l’association Mwana Tsi wam dzima (littéralement « un enfant n’est pas à une seule personne », autrement dit ce sont tous nos enfants). Si vous avez une meilleure traduction n’hésitez pas à la nommer dans les commentaires.

La complicité des institutions locales et des familles

Je pense que nous sommes bien d’accord que la situation est très grave. Mais vous savez dans un pays comme le nôtre, ces sujets là (qui concernent le sexe) constituent des tabous. Mais il semble que certains villageois et institutions religieuses sont tout autant coupables à faire culpabiliser les victimes (c’est mon avis et il n’engage que moi). Ces mêmes institutions qui devraient être les premières à s’insurger et à condamner ces actes. Notre enfant se fait violer et quand on ose en parler c’est nous qui sommes banni du village. C’est à nous, à notre enfant d’avoir honte à la place du bourreau? Ce n’est pas normal. Mais comment peut-on espérer un jour devenir une Grande Nation si nous (adultes, gouvernement, responsables) ne parvenons pas à protéger ces hommes et ces femmes de demain? Nos enfants.

« Sur l’île de la Grande Comore, une mère a accusé un homme de 35 ans d’avoir violé sa fille de 3 ans. Lorsqu’elle a tenté de porter plainte contre le violeur présumé, le chef de son village lui a formellement interdit sous peine d’être bannie si elle dénonçait ces faits à la justice. » Publié il y a 6 mois sur Freedom.fr

Capture d’écran: Facebook Hifadhu Comores 27 février 2020

N’est-ce pas cela protéger des frustrés ôtés de toute humanité, les soutenir en leurs faisant comprendre qu’ils peuvent continuer de brutaliser des enfants en toute impunité? Et les familles qui aident leurs fils à fuir la justice (quand justice il y a), c’est ça l’amour? Est-ce ainsi qu’ils ont été elevé? Qu’ils peuvent faire ce qu’ils veulent (comme détruire des innocents) et que vous serez toujours là pour eux? N’est-il pas plus morale de les laisser assumer leurs erreurs et responsabilités et au passage payer pour leurs crimes?

Et ce sont les mêmes familles qui vont se voiler la face des années plus tard et faire les hypocrites en allant demander les mains de jeunes filles vierges pour les marier à leurs « gentils » fils. Mais comment est-ce possible? Il faut se dire que tant quant cela ne leur arrive pas, elles n’en sont pas tellement touchées n’est-ce pas? Ça leur importe peu, jusqu’au jour où ce sont les leurs (et personne ne souhaite ce mal même à ses pires ennemis) qui sont concernés. Ah, là elles voudraient bien avoir de l’aide ….

Mais il y a aussi ce gros fléau de la part des parents des victimes qui acceptent parfois de recevoir l’argent des agresseurs et ne pas porter plainte contre eux en contrepartie. Oui ils devraient payer pour le préjudice causé (ne serait-ce même que pour les frais de traitement de la victime), mais cela ne devrait en aucun cas les empêcher d’être jugés quand-même. Celà dit je l’entends, parfois c’est fait sous la contrainte. Il faut dire que la pression sociale mène souvent au silence et l’on peut comprendre qu’ils cherchent à protéger leurs enfants en n’ébruitant pas l’affaire. Néanmoins, c’est contre productif. C’est pour moi, leur infliger une 2ème agression. Et pire encore ça laisse entendre que ces monstres peuvent recommencer, du moment qu’ils ont les moyens d’acheter le silence des gens. Vous m’excuserez si j’exagère, mais comme je vous le dit plus haut c’est glaçant. Vous avez le droit de me contredire et d’exposer vos opinions. Car c’est ensemble qu’on fait avancer les choses.

« Une fillette de 7 ans a été victime de viol avec violence commis par un homme qui l’a enlevée à sa sortie de l’école coranique. Les faits se sont déroulés samedi dernier à Vouvouni dans le centre de la Grande-Comore, selon le journal Albalad de ce jour. La jeune fille souffre de graves séquelles physiques et psychologiques à la suite de son agression. Tandis que le présumé violeur court toujours avec la police à ses trousses. » Source Linfo.re, paru en décembre 2011

Capture d’écran Habarizacomores.com juin 2019

Conséquences sur les enfants

Qu’il s’agisse d’agression ou de viol, il faut savoir que l’enfant qui subit ça reste traumatisé à vie. On peut y observer des troubles comportementaux dans le cadre privé et en société (notamment à l’école) qui nécessitent une intervention psychologique. En effet, il faut parvenir à lui expliquer ce qui lui est arrivé progressivement, l’aider à le surmonter et le réapprendre à vivre normalement comme les enfants de son âge. C’est un être qui va grandir avec des séquelles et qui peut se renfermer sur lui-même. Qui va être complexé dans sa vie d’adulte. Pour aller plus loin, je vous invite à lire l’avis d’une sexologue sur le site RFI.FR

Les associationS de lutte contre les violences faites aux enfants AUX COMORES

  • Service d’écoute et de protection des enfants: elle a pour missions de sensibiliser la population à dénoncer tout cas d’abus et de maltraitance à l’encontre des enfants et d’assurer une prise en charge médicale et psychologique des victimes, mais aussi d’initier des actions en justice contre les auteurs d’abus. Cellule soutenue par l’UNICEF.
  • Moina Tsi Wam Dzima
  • Hifadhu Comores (protégez les Comores)
  • Brigade des mineurs

Toutes ces organisations sont là pour protéger les mineurs et aider les parents dans les différentes démarches. Et nous pouvons remercier chaleureusement toutes ses personnes mobilisées pour cette très bonne cause dont malheureusement on aurait aimé s’en passer (je parle des violences bien-sûr). Maintenant c’est un fait, un problème de notre communauté et pas que d’ailleurs. Peut-être que vous suivez comme moi l’actualité, les paroles se sont libérées et l’on commence à dénoncer l’inacceptable. Je parle du mouvement #MeToo ou #BalanceTonPorc (en France), de l’affaire Roman Polanski… Il n’est jamais trop tard pour agir et chaque victime devrait avoir droit à une justice.

Le rôle des parents

Comme nous en avons déjà parlé dans l’article Grossesse issue d’un viol, il faut que les parents participent à l’éducation sexuelle de leurs enfants pour plus de prévention. Les associations ne peuvent pas tout faire. Je sais bien qu’il n’est pas évident d’aborder ces choses-là et pourtant il le faut. Leur apprendre à ne pas suivre des inconnus, leur demander ce qu’ils ont fait à l’école, avec leurs amis (mine de rien vous engagez ainsi la discussion). Ça leur permet de nous remonter des informations qui peuvent nous alerter sur d’éventuels comportements étranges et ainsi diminuer le taux d’agressions, même si une seule victime c’est déjà une de trop.

Il faut savoir que beaucoup de ces enfants se font interceptés à la sortie des écoles, sur le chemin de la maison, et il est là plus difficile d’anticiper l’agression. On leurs promet un bonbon, un cadeau et avec leur insouciance ils y vont sans crainte. Je ne sais pas si des actions sont menées (aux Comores j’entends) pour augmenter la vigilance sur les lieux publics et vous invite à nous les partager si vous êtes plus au courant. Si je me suis trompée sur des données n’hésitez pas à me le signaler que je puisse les rectifier.

Je finis juste en disant que nos enfants doivent être protégés et les bourreaux jugés. S’ils souffrent de maladies ou de troubles comportementaux, qu’ils soient soignés mais qu’on ne leur enlève pas la responsabilité de leurs actes. Nous ne vivons pas dans un monde de bisounours je l’entends, mais ensembe nous pouvons faire en sorte de vivre dans un monde meilleur.

N’hésitez pas à partager cet article si vous lui trouvez une utilité.

NasYou.

Le business des mariages comoriens en France

Le mariage! La consécration pour deux personnes qui s’aiment, le début d’une nouvelle vie. Le mariage est normalement un des plus beaux moments dans le parcours d’un couple. Normalement. Beaucoup rêvent de ce jour pris dans un amour fou, que dis-je un coup de foudre qui semble éternel. Cette cérémonie pendant laquelle amis et familles se réunissent pour notre plus grand bonheur. C’est très beau tout ça, mais malheureusement parfois le contexte est moins glamour. Le mariage est aussi vu comme un business pour certains. C’est très répandu mais nous fermons tous les yeux. Chut, c’est tabou. J’imagine que ce genre de chose existe dans beaucoup de pays, mais je vais ici parler du mien, la Grande Comore. Du peu que j’en sais et qui est déjà peut-être assez trop. Je vois arriver les critiques venant de certains de mes compatriotes. Sûrement ceux qui vont estimer que je m’attaque à une institution. J’aimerais que vous l’exprimiez ici, afin que nous puissions en débattre ensemble. Corriger mes erreurs et nous donner plus d’informations.

Le (GRAND) mariage au Comores.

Nous le savons tous, le mariage est une étape essentielle dans la vie d’une personne. La société nous impose un schéma qui est celui de faire des études, être stable financièrement et ensuite se caser et fonder une famille. Au Comores comme dans d’autres pays d’Afrique ce n’est pas forcément dans cette ordre que se font les choses. Le mariage semble être beaucoup plus important que le reste. Dès notre jeune âge on nous parle de ça, on nous conditionne. Cela se fait de moins en moins il me semble, mais les parents prévoient déjà avec qui leurs enfants vont se marier, choisissent les familles, les castes…

En Grande-Comore on parle plus de Grand mariage et non seulement de mariage. Il faut savoir que c’est un événement qui coûte assez cher par rapport à notre niveau de vie. Je continue de croire que la jeunesse est l’avenir de notre pays et qu’il y aura un changement positif (raison pour laquelle j’apporte mon soutien quand je le peux à ceux qui entreprennent et je vous invite et en faire de même) mais en attendant je ne peux nier que nous faisons partie des pays les plus pauvres du monde. Alors forcément lorsqu’on attend les sommes exorbitantes (en milliers d’euros) dépensées pendant une semaine de festivités, pour ensuite mourrir de faim, on peut s’interroger quant à la nécessité de tout ça. Il y aura toujours des débats sur les coutumes et traditions, moi je veux ici m’intéresser au business fait autour de cet événement en France.

Les mariages comoriens en France

Il faut savoir que le Grand-mariage appelé localement le « anda » ou « N’dola n’kou » n’est valable que s’il est fait aux Comores. C’est une institution fondamentale de notre société, parfois même le but d’une vie. Ici en France on parle de mariage en salle. Il y a autant de dépenses (bon un peu moins quand-même) mais c’est vraiment une autre ambiance. Il n’y a pas toutes les étapes d’un vrai Anda. Le Oukoumbi, cérémonie pendant laquelle on présente la mariée aux autres femmes (notamment celles de la belle-famille), est la plus importante pour cette dernière. Nous en avons déjà un peu parlé dans l’article consacré à Dj Djo Mix Djo. Tous les convives dansent en chantonnant des morceaux traditionnels (ambiance assurée par un Dj, il fut un temps où ce sont les femmes qui chantaient directement accompagnées de quelques instruments) et mettent de l’argent dans la robe de la mariée quand ils passent la féliciter. C’est son dû. On utilise des boîtes (sous la surveillance de quelqu’un) de préférence pour éviter le vol car il est en effet très facile de dérober quelques billets sans se faire prendre.

Le fait est que pendant cette festivité la mariée peut repartir avec un beau pactole si la salle est très remplie et selon les familles. En moyenne dans les 10 000€ et ça peut doubler assez facilement voir plus. Ce qui est une bonne chose, ce n’est pas de l’argent volé. Mais malheureusement ces grosses sommes ont conduit à un marché qui laisse peu de place à l’humanité, à l’amour véritable.

LES abus de faiblesse

Pourquoi parle t-on de business? À partir du moment où on monnaie le mariage de sa fille ne s’agit-il pas bien là d’un business? Dit ainsi ça paraît un peu violent et mes propos n’engagent que moi. Je parle d’abus de faiblesse car ça touche beaucoup de jeunes comoriens (les garçons en général) qui sont déjà dans une situation de précarité.

Je m’explique. Beaucoup de jeunes comoriens venus en France de manière légale (avec visa, étudiant par exemple) ou illégale (sans visa, ou en usant d’autres moyens à la recherche d’une vie meilleure) se retrouvent souvent coincés administrativement à un moment donné, c’est à dire qu’ils finissent par se retrouver en situation irrégulière (à la fin des études) et donc dans l’impossibilité de travailler, d’avoir une vie sociale sereine … Et ce sont ces jeunes là qui se font avoir. Je parle de jeunes garçons en général mais ça arrive aussi aux filles.

Alors on peut relever plusieurs cas de figures mais nous allons rester sur deux pour ne pas être plus long. Dans le premier cas, le jeune homme va s’amouracher d’une jeune fille qui elle va être en situation régulière voire même ayant la nationalité française (l’idéal). Les choses commencent à devenir sérieuses, ils s’aiment au point d’en parler aux familles. Mais le fait d’être « sans papiers » sera son point faible, malgré sa bonté, sa générosité ou quelque qualité que ce soit. C’est là que la famille de la fille va intervenir pour poser ses conditions. C’est comme si elle lui disait: « tu veux notre fille? D’accord pas de problème. Il faut une dote de 5 000€, 10 000€ (voir plus) et un mariage en salle. Pourquoi? Parce que si tu te maries avec elle tu en ressortiras gagnant car tu verras ta situation se régulariser. Tu auras des enfants, donc c’est normal de payer. » J’exagère peut-être un peu, mais n’en suis pas loin.

Certes, la dote est une obligation de l’homme envers sa future femme (oui c’est un pays musulman) mais il n’y a pas de minimum ou de maximum exigé et il y a beaucoup d’excès à mon sens.

[La loi islamique n’a déterminé ni minimum ni maximum légal pour la dot, car les gens n’ont pas tous les mêmes richesses ni la même aisance et chaque pays a ses coutumes et ses pratiques en la matière. La détermination du quantum de la dot a donc été laissée à l’appréciation de chacun, afin que les gens donnent en fonction de leurs moyens et suivant les pratiques qui ont cours dans leurs pays respectifs.] Source: Sajidine.com

Dans le deuxième cas, la fille a son petit copain, sa famille le sait (dans beaucoup de cas). Mais comme ce dernier ne vas pas être capable de la ramener en salle, ou ne correspond pas forcément aux critères voulus par la famille (pas du même village, pas du bon caste, de la bonne famille…) pour LE mariage de leur enfant, il va y avoir une espèce de pacte. C’est-à-dire que les parents vont expliquer à leur fille qu’il y a un homme du village qui cherche une épouse (donc prêt financièrement), et qu’il serait bien d’accepter de se marier avec lui quitte à s’en séparer une fois les festivités terminées, et poursuivre sa vie ensuite. Oui parce qu’au final la suite compte peu, tant qu’elle a déjà été mariée honorablement aux yeux des autres. Pour le motif du divorce ce n’est pas bien compliqué à trouver n’est-ce pas? Les gens se séparent pour un oui ou pour non à notre époque, donc ça ne surprendrait même pas la communauté. Et malheureusement ça arrive trop souvent.

Le vice de CETTE PRATIQUE

Vous allez peut-être me dire que les familles ne cherchent que le bonheur de leurs enfants. Faux, la preuve en est que ce sont elles qui programment le coup. ATTENTION. Je ne généralise pas. Fort heureusement beaucoup sont dotées de conscience. Je parle de vice car ça en est un (de mon point de vue). Certes, le mariage est un moment émouvant, festif … mais lorsqu’il y a préméditation d’une escroquerie derrière, ce n’est pour moi que de l’hypocrisie et une fausse joie. L’argent est quelque chose d’éphémère, on l’oublie parfois. Certains gagnent des millions et se retrouvent tout de même à la rue. De même que d’autres arrivent à composer avec le peu qu’ils ont pour vivre convenablement.

Et les enfants (je parle de celles qui sont complices) qui invitent leurs amis pour le soi-disant plus beau jour de leur vie avec ces sourires de façade? Qui blâmer le plus? Répondront-elles: « c’était pour faire plaisir à ma famille. C’est très important pour eux, les coutumes et traditions… » Mais n’y a t-il pas d’autres solutions? Faut-il réellement en arriver à là? Il faut savoir que ceux qui arrivent à trouver un petit job malgré leur situation, travaillent dur et économisent chaque centime pour pouvoir se marier. Parce qu’ils connaissent leurs futurs obligations. Mais ils n’y vont pas en se disant « je sais que je vais me faire dépouiller mais j’y vais quand-même. » Ou peut-être est-ce moi qui suis naïve, n’hésitez pas à laisser en commentaires vos opinions.

Comment parvenir à régler ce problème?

On se dit tous que lorsqu’on aime une personne et ce en connaissance de sa situation personnelle, administrative et financière, on fait tout pour l’aider et on n’aide pas à le détruire. Les filles je ne vous dit pas qu’il faut vous rebeller contre vos familles, non. Mais il est possible d’exposer votre situation et expliquer que vous voulez être avec cet homme (si vous le voulez vraiment), que vous êtes prête à bâtir avec lui votre avenir et que vous allez vous soutenir mutuellement (comme un couple normal le ferait). Je sais que ce n’est pas le genre de discours qu’ils attendent (ça dépend des parents je souligne) et quoi que ça devrait l’être, mais vous prouvez déjà votre bonne foie et avec un peu de persévérance ils finiront par vous comprendre. Parce que ce que vous construirez ensemble (avec votre partenaire) sera à vous, à vous deux.

Pour celles qui ont leurs copains et qui acceptent d’aller se marier avec des hommes (souvent plus âgés) pour les ejecter le lendemain, où est la morale? C’est faire plaisir à sa famille que d’être complice de celà. D’accord, mais à quel moment vous pensez au garçon en question? Vous avez le droit de discuter, de vous offusquer voire même de refuser. J’imagine qu’ils ne vous mettent pas le couteau sous la gorge. Il y a des solutions pour tout et pour tous. Je dis ça mais je suis consciente de la complexité de la situation. « Tu ne l’as pas vécu » me dira t-on. Pas de cette manière non. Mais je constate comme beaucoup d’entre vous peut-être.

ET LES HOMMES DANS TOUT ÇA?

Il faut savoir que la combine est connue de beaucoup et que de plus en plus de personnes trompées osent se plaindre. Et avec une génération 2.0, tout se règlent sur les réseaux sociaux, c’est bien triste. Les hommes mis à la porte à peine quelques jours après leurs mariages réclament la dote versée. Mais en vain. Pourquoi ils ne portent pas plainte? Parce qu’il faut déjà prouver l’arnaque mais surtout parce qu’ils ne sont pas en situation régulière et c’est donner le bâton pour se faire battre que de se présenter à la police. De plus une fois qu’il y a une consommation du mariage, elle (la dote) ne peut être récupérée. Et c’est bien pour ces raisons que des familles continuent et qu’elles n’ont pas de crainte. Parce qu’ils auront beau le crier leur peine au monde entier, elles ne seront pas jugées pour cela. Elles pourraient éventuellement avoir honte oui, mais comme pour tout, les gens finiront bien par oublier.

« Et si vous divorcez d’avec elles sans les avoir touchées (sans avoir eu de rapports sexuels avec elles), mais après fixation de leur Mahr (dote), versez leur alors la moitié du Mahr que vous avez fixé, à moins qu’elles ne s’en désistent ou que ne se désiste celui entre les mains de qui est la conclusion du mariage (en remboursant la totalité du Mahr). » (Sourate 2 verset 237)

Alors beaucoup se retrouvent à la case départ. Retournant dormir chez leurs soeurs ou « wa djomba » (les oncles) qui les ont accueilli. C’est une vie qui s’effondre, des années de labeur. Ils s’en remettent alors à Dieu. Celui dont certains oublient de craindre.

Maintenant il faut se le dire, certains hommes sont aussi là pour profiter de la situation en faisant de même. Retournant eux aussi avec leurs copines une fois qu’ils obtiennent régularisation après le mariage. Celà concerne surtout (à ma connaissance) ceux qui sont venus en France grâce à leurs femmes descendues spécialement au pays pour accomplir les démarches nécessaires et légales afin de les faire venir. Ils les draguent, jouent les maris parfaits et les embobinent jusqu’à obtenir ce qu’ils veulent. Franchement parfois je me demande (et peut-être que vous aussi) comment on arrive encore à se faire avoir comme ça en 2020. Quand on dit que l’amour rend aveugle… D’ailleurs si vous êtes un (e) compatriote, vous avez peut-être entendu parler de l’affaire Marina, l’exemple type de ce genre de cas.

Je finis en disant qu’il serait important de redonner à l’Homme sa place d’être humain et à l’argent sa place de matériel. Ce dernier est nécessaire pour vivre certes, mais il y a d’autres manières honnêtes de l’obtenir que de profiter de la situation précaire de nos compatriotes ou d’autres d’ailleurs. Ce genre de dérive est inacceptable il faut dire ce qui est. À tous les couples qui sont encore et toujours là, heureux en ménage, félicitations. À tous ceux qui veulent se marier, discutez bien avec vos partenaires, exposez vos idées, vos problèmes et essayez de trouver les solutions ensemble. Parce que c’est ensemble que vous allez avancer, vivre le meilleur et le pire.

Si j’ai pu à travers cet article en blesser certains, je m’en excuse. Beaucoup de personnes ne choisissent pas ces situations mais les subissent. Maintenant nous sommes tous conscients de ce qui ne va pas et continuer à en faire des tabous n’est pas la solution. En parler ne changera peut-être pas grand-chose non plus, mais il est bon de savoir où on met les pieds avant de s’y engager. Puisse Dieu veiller sur vous tous.

À très bientôt.

NasYou.