Enfin mariés: suite de « Relations à distance »!

Il y a des histoires qui n’ont pas de suite, mais pas celle-ci. J’espérais tellement pouvoir vous la raconter. Pour comprendre ce dont nous allons parler il faut avoir lu la première partie de l’histoire, « Relations à distance » et sa suite « Quand la famille s’en mêle. » C’est le récit d’un jeune couple qui s’est formé à distance entre un jeune homme mahorais (de Mayotte) et une jeune femme comorienne (de Ngazidja).

Quatre années se sont écoulées depuis le début de leur relation. Ils sont fatigués d’attendre, impatients de se retrouver et cette fois pour ne plus se quitter. Ils ont passé l’année 2019 éloignés l’un de l’autre. Les appels ne suffisent plus, le moral prend un coup. Mais ça en est assez, il fallait faire bouger les choses, avancer. Donc Monsieur s’est décidé, il allait l’épouser. Ils ont longtemps discuté avec leurs familles respectives. Mais le fait est que tout était remis à plus tard. C’était pesant pour l’une comme pour l’autre. Déterminé, il a pris son billet, l’amour l’a emporté, toute situation a sa solution. Elles ont compris ou réalisé que c’étaient du sérieux et que rien n’allait pouvoir les faire reculer. Rien, mais c’était sans compter sur la Covid-19.

Un départ mouvementé

Comme à chaque fois qu’on est impatient de faire quelque chose, on a l’impression que le temps ne passe pas. Et là le temps passait sans qu’ils ne puissent faire quoi que ce soit. Le départ était prévu pour le mois de mai. Vous vous souvenez du contexte? Nous sortions à peine du confinement et les vols étaient toujours suspendus entre Mayotte et la métropole. Le voyage a finalement dû être repoussé à juillet, pour le coup il n’y avait pas tellement le choix. Pendant ce temps les choses se concrétisent petit à petit. Ce n’est pas encore la folie mais le projet est de plus en plus appuyé. Madame en profite pour commencer à se préparer, à se pomponer, mais elle ne peut être rassurée tant qu’il n’est pas sur place, là, en chair et en os. Sa mère est très présente, et investie mais avec un peu de réticence, toujours à cause des différentes déceptions. Elle ne voulait pas s’emballer, avait cette peur de revoir sa fille souffrir de nouveau. Alors tout en la soutenant elle émettait des réserves. Rien contre lui, elle l’adore et ne doute aucunement de sa détermination à venir lui prendre la main de sa fille.

Le jour du départ approche mais quand ce n’est pas le moment, ce n’est vraiment pas le moment. Décidément! Visiblement la météo n’était pas bonne, il a alors préféré annuler son vol. Puis un autre risque d’annulation survient à cause du nouveau protocole sanitaire à respecter, à savoir faire le dépistage du Covid-19 72h avant le jour du départ. Mais fort heureusement, il l’a échappé belle en partant finalement la veille. Ça y est, il était dans ce vol, plus qu’à quelques heures de la retrouver, de se retrouver.

Une arrivée pleines d’émotions

Pendant que monsieur compte les heures, madame s’occupe comme elle le peut pour qu’elles passent encore plus vite. Pâtisserie, amuses bouche, ménage… Il fallait que tout soit prêt pour pouvoir pleinement profiter de chaque minute, de chaque seconde, plus tard. Elle n’ira pas le chercher à l’aéroport. Non, c’est sa mère qui s’y colle. Accompagnée de membres de sa famille, elle l’accueille chaleureusement avec ces fameux colliers de jasmin qu’on aime tant. Le voilà tout intimidé, c’est quelqu’un qui aime la simplicité, quelqu’un de très discret, enfin peut-être.

Et c’est parti, en route pour retrouver sa dulcinée. Oui, il ira la voir en premier avant de rentrer chez lui. Vous visualisez un peu? Enfin, il est là. À peine il traverse la porte qu’elle lui saute dans ses bras. Il a encore son sac à dos, son bagage en main. Elle pleure, autant qu’elle sourit. Un câlin qui aura duré, mais pas assez longtemps pour rattraper le temps. Mais comment ne pas pleurer après avoir surmonté tout ça, après avoir été tant privé l’un de l’autre. Les voilà, de nouveau ensemble, plus forts et plus amoureux que jamais. La suite ne pourra être que plus belle.

Un mariage au jour le jour: exit l’organisation

Ils ne se quittent plus. Mais que feriez-vous, vous? Il passe quasiment toutes ses journées chez elle. C’est de plus en plus officiel. Les discussions entre les familles se poursuivent timidement, mais quoi qu’il en soit, ils iraient jusqu’au bout cette fois. Puis très rapidement, un premier rendez-vous est un fixé. Il était question de parler de la dote. Eh oui, on peut échapper à tout, sauf à ça. Pour rappel la dote est un dû pour la mariée, et chacun est censé la donner à hauteur de ses moyens. Normalement! Je vous invite à lire « Le business des mariages comoriens en France » pour comprendre ce normalement. Encore une fois, son contenu n’est que ma perception des choses.

Donc à cette occasion les familles devaient se rencontrer pour fixer son montant. Madame s’est faite toute jolie au cas où la famille de son homme demanderait à la voir. Elle a eu raison d’ailleurs. Elle s’est faite maquillée pour la première fois, vêtue de son caftan blanc telle une princesse orientale. Les discussions se sont très bien passées, à une vitesse incroyable. Ça mangeait, ça dansait, ce fût le début d’un mariage qui aura eu pas moins de trois étapes. Trois fois plus de bonheur donc.

Le jour de la dote

Tout le monde était content, et notre jeune couple aux anges. Ils pouvaient enfin se regarder, se sourire, se tenir la main et se câliner en toute liberté. Enfin du concret. Il y avait une telle ambiance que ça a dû déclencher quelque chose qui allait faire toute la différence. Vous devinez quoi? Oh grand oui, la mère de Monsieur veut finalement être là le grand jour. Elle ne veut pas louper ce moment, le mariage de son fils chéri. Celui qui allait la rendre plus fière que tout. Septique pendant ces longues années, la volonté de son fils l’aura emporté. Au final le plus important pour une mère, un père, c’est ça, voir son enfant heureux. Et pour le coup il était très heureux. Comme on dit chez nous, Macha’Allah!

Dans l’attente de belle maman…

Il fallait maintenant faire une petite pause, attendre que future belle-mère arrive. Mais comme tout était trop beau pour être vrai, il fallait quelques frayeurs pour pimenter les choses. Toujours dans le contexte de la Covid-19, il fallait donc faire le fameux test 3 jours avant de prendre le vol en direction de Mayotte. Mais à la veille de son départ, elle n’avait toujours pas ses résultats. Le voyage fût alors annulé pour elle. Grosse déception pour tout le monde! Pour sa deuxième tentative de départ, elle arrive à l’aéroport de Paris mais se fait recaler car cette fois il dépassait les 72 heures. Décidément, quand ça ne veut pas, on ne peut y faire grand-chose. Découragée, elle se résout à rater le mariage de son fils et reprend le train pour retourner chez elle….

C’est triste n’est-ce pas? Mais Non, ça n’arrivera pas car elle va retenter le coup une troisième fois. Et oui, c’est bien la bonne. Là voilà enfin sur le sol mahorais, elle aussi a droit à son collier de jasmin bien sûr. Alors qu’elle est en route pour chez elle, à peine arrivée donc, elle fixe la date du mariage. Mais non, quoi? Déjà? Mais pour quand? Tenez vous bien, à seulement 48 heures plus tard. Oui, tout s’accélère soudainement. Mais heureusement pour notre future mariée, elle était prête. En effet, au fur et à mesure elle se préparait, ne sachant pas trop comment ça allait se passer.

Le Halal ou Hlel : Enfin mariés!

Le Hlel, c’est le mariage religieux, le plus important pour les musulmans. C’est celui qui selle officiellement l’union. Il n’y a pas besoin que tout le quartier soit là, ça peut se faire en discret. Ils l’avaient tellement attendu ces deux là. Et voilà que leur souhait pour ne pas dire rêve, allait enfin se réaliser.

Le jour du Hlel

C’était le 9 août dernier, oui c’est tout récent. C’était prévu très tôt le matin. Mais comme toujours, il fallait un petit quelque chose pour venir les déstabiliser. À 06h00 elle était déjà prête, vêtue de son sahari, de manière très traditionnelle. Elle était prête à devenir la femme de son homme. Et lui était prêt à faire d’elle sa femme. Mais elle commençait à paniquer, le temps s’écoulait et elle ne le voyait toujours pas franchir cette porte. Il y avait ce qu’on peut appeler un gros retard. J’ai vécu la même chose à mon mariage, c’est horrible. La crainte qu’il ne vienne plus, qu’il ne veuille plus … Mais soyez tranquilles les amis, quand Dieu dit oui personne ne peut dire non. Les voilà, qui arrivent. Il est bien entouré, ses deux parents, sa tante et l’Imam. C’est l’émotion dans toute la maison. En effet je ne détaille pas tout, mais vous imaginez bien qu’il y avait du monde, tout l’entourage de madame était présent pour ce moment inoubliable. Sa maman, son papa, ses frères et soeurs, ses oncles et tantes… Après les serments et les bénédictions, le voilà enfin qui lui met la bague doigt. Il faut savoir que cette étape là procure beaucoup d’émotions. Ou peut-être faut-il l’avoir vécu pour le ressentir. Je me revois!

Je fais une petite parenthèse pour vous dire que dans cette vie, il ne faut jamais perdre espoir, jamais! Chacun son jour ou comme on dit chez nous, chacun son dimanche !

Quel jour festif, quel bonheur! Des larmes de joie qui ne cessent de couler de part et d’autre. Des sourires et des rires aux éclats. Le voilà enfin, leur bonheur. Elle n’a jamais autant dansé, lui aussi d’ailleurs. Il fallait profiter pleinement de ces instants merveilleux, inoubliables. C’était leur jour, celui qu’ils avaient attendu quatre années durant. La suite n’était que bonus pour eux. La troisième étape de cette aventure sera de faire savoir à tous que leurs enfants étaient mariés.

Le grand final : le chidjabu

C’est maintenant autour des parents de se réjouir. Les familles sont unies, il y a de la joie, de l’amour. Qui l’aurait cru, c’est tellement beau à voir. Il est important pour les mamans comoriennes, maoraises d’exprimer leur fouraha et de le communiquer à leur entourage (familles, amis, voisins…). Le grand mariage de Mayotte c’est le manzaraka ou mandzaraka. Une étape importante qui demande d’avoir des moyens financiers conséquents. Mais pour eux, il n’était pas question de faire ça dans l’immédiat. Plus tard peut-être. Alors elles (les familles) ont opté pour le chidjabu, c’est presque la même chose, mais normalement moins coûteux, oui normalement.

Le jour du chidjabou

Là il fallait un peu plus d’organisation. À cette occasion la famille de la mariée prépare à manger (riz, salade, viande, boissons etc…) et la famille du marié vient avec ses invités profiter du festin. La reine du jour reçoit de l’argent, des bijoux et des cadeaux de la part de ces derniers. Une journée rythmée par les chants, la danse, la joie et la bonne humeur… Que demander de plus! Cerise sur le gâteau, la maman du marié offre à son fils une arrivée en limousine. Et à la fin de la cérémonie, c’est à bord de ce dernier que notre jeune couple partira pour aller profiter pleinement d’un beau week-end en amoureux. Elle était contente, ça pouvait se lire sur son visage, on peut même aller plus loin et dire qu’elle était fière, très fière de son fils et de sa désormais belle-fille. N’est-ce pas une belle fin ou plutôt le début d’une plus belle histoire!

C’est un rêve qui s’est concrétisé le jour même de leur anniversaire de rencontre, ou plutôt de leur début de relation. Quatre ans, jour pour jour! Ils se marièrent et Incha’Allah auront beaucoup d’enfants…

À la fin du chapitre précédent on se posait la question de savoir si 2020 allait être leur année ? C’est une année très difficile pour le monde entier, et très sombre pour beaucoup, nous en sommes tous conscients. Mais malgré les difficultés, les tragédies, on peut encore vivre de beaux moments, car oui malgré tout, la vie continue !

J’espère que l’histoire de ce jeune couple vous aura (re)donné de l’espoir. Tout n’est pas tout noir ou tout blanc, il faut savoir s’adapter, être partient. L’amour à lui seul ne suffit pas pour tenir une relation, encore moins une relation à distance. Il faut avoir confiance en l’autre, y croire… Alors n’abandonnez pas, explorez toutes les options et vous trouverez la solution à votre situation.

Amoureusement,

NasYou!

Le business des mariages comoriens en France

Le mariage! La consécration pour deux personnes qui s’aiment, le début d’une nouvelle vie. Le mariage est normalement un des plus beaux moments dans le parcours d’un couple. Normalement. Beaucoup rêvent de ce jour pris dans un amour fou, que dis-je un coup de foudre qui semble éternel. Cette cérémonie pendant laquelle amis et familles se réunissent pour notre plus grand bonheur. C’est très beau tout ça, mais malheureusement parfois le contexte est moins glamour. Le mariage est aussi vu comme un business pour certains. C’est très répandu mais nous fermons tous les yeux. Chut, c’est tabou. J’imagine que ce genre de chose existe dans beaucoup de pays, mais je vais ici parler du mien, la Grande Comore. Du peu que j’en sais et qui est déjà peut-être assez trop. Je vois arriver les critiques venant de certains de mes compatriotes. Sûrement ceux qui vont estimer que je m’attaque à une institution. J’aimerais que vous l’exprimiez ici, afin que nous puissions en débattre ensemble. Corriger mes erreurs et nous donner plus d’informations.

Le (GRAND) mariage au Comores.

Nous le savons tous, le mariage est une étape essentielle dans la vie d’une personne. La société nous impose un schéma qui est celui de faire des études, être stable financièrement et ensuite se caser et fonder une famille. Au Comores comme dans d’autres pays d’Afrique ce n’est pas forcément dans cette ordre que se font les choses. Le mariage semble être beaucoup plus important que le reste. Dès notre jeune âge on nous parle de ça, on nous conditionne. Cela se fait de moins en moins il me semble, mais les parents prévoient déjà avec qui leurs enfants vont se marier, choisissent les familles, les castes…

En Grande-Comore on parle plus de Grand mariage et non seulement de mariage. Il faut savoir que c’est un événement qui coûte assez cher par rapport à notre niveau de vie. Je continue de croire que la jeunesse est l’avenir de notre pays et qu’il y aura un changement positif (raison pour laquelle j’apporte mon soutien quand je le peux à ceux qui entreprennent et je vous invite et en faire de même) mais en attendant je ne peux nier que nous faisons partie des pays les plus pauvres du monde. Alors forcément lorsqu’on attend les sommes exorbitantes (en milliers d’euros) dépensées pendant une semaine de festivités, pour ensuite mourrir de faim, on peut s’interroger quant à la nécessité de tout ça. Il y aura toujours des débats sur les coutumes et traditions, moi je veux ici m’intéresser au business fait autour de cet événement en France.

Les mariages comoriens en France

Il faut savoir que le Grand-mariage appelé localement le « anda » ou « N’dola n’kou » n’est valable que s’il est fait aux Comores. C’est une institution fondamentale de notre société, parfois même le but d’une vie. Ici en France on parle de mariage en salle. Il y a autant de dépenses (bon un peu moins quand-même) mais c’est vraiment une autre ambiance. Il n’y a pas toutes les étapes d’un vrai Anda. Le Oukoumbi, cérémonie pendant laquelle on présente la mariée aux autres femmes (notamment celles de la belle-famille), est la plus importante pour cette dernière. Nous en avons déjà un peu parlé dans l’article consacré à Dj Djo Mix Djo. Tous les convives dansent en chantonnant des morceaux traditionnels (ambiance assurée par un Dj, il fut un temps où ce sont les femmes qui chantaient directement accompagnées de quelques instruments) et mettent de l’argent dans la robe de la mariée quand ils passent la féliciter. C’est son dû. On utilise des boîtes (sous la surveillance de quelqu’un) de préférence pour éviter le vol car il est en effet très facile de dérober quelques billets sans se faire prendre.

Le fait est que pendant cette festivité la mariée peut repartir avec un beau pactole si la salle est très remplie et selon les familles. En moyenne dans les 10 000€ et ça peut doubler assez facilement voir plus. Ce qui est une bonne chose, ce n’est pas de l’argent volé. Mais malheureusement ces grosses sommes ont conduit à un marché qui laisse peu de place à l’humanité, à l’amour véritable.

LES abus de faiblesse

Pourquoi parle t-on de business? À partir du moment où on monnaie le mariage de sa fille ne s’agit-il pas bien là d’un business? Dit ainsi ça paraît un peu violent et mes propos n’engagent que moi. Je parle d’abus de faiblesse car ça touche beaucoup de jeunes comoriens (les garçons en général) qui sont déjà dans une situation de précarité.

Je m’explique. Beaucoup de jeunes comoriens venus en France de manière légale (avec visa, étudiant par exemple) ou illégale (sans visa, ou en usant d’autres moyens à la recherche d’une vie meilleure) se retrouvent souvent coincés administrativement à un moment donné, c’est à dire qu’ils finissent par se retrouver en situation irrégulière (à la fin des études) et donc dans l’impossibilité de travailler, d’avoir une vie sociale sereine … Et ce sont ces jeunes là qui se font avoir. Je parle de jeunes garçons en général mais ça arrive aussi aux filles.

Alors on peut relever plusieurs cas de figures mais nous allons rester sur deux pour ne pas être plus long. Dans le premier cas, le jeune homme va s’amouracher d’une jeune fille qui elle va être en situation régulière voire même ayant la nationalité française (l’idéal). Les choses commencent à devenir sérieuses, ils s’aiment au point d’en parler aux familles. Mais le fait d’être « sans papiers » sera son point faible, malgré sa bonté, sa générosité ou quelque qualité que ce soit. C’est là que la famille de la fille va intervenir pour poser ses conditions. C’est comme si elle lui disait: « tu veux notre fille? D’accord pas de problème. Il faut une dote de 5 000€, 10 000€ (voir plus) et un mariage en salle. Pourquoi? Parce que si tu te maries avec elle tu en ressortiras gagnant car tu verras ta situation se régulariser. Tu auras des enfants, donc c’est normal de payer. » J’exagère peut-être un peu, mais n’en suis pas loin.

Certes, la dote est une obligation de l’homme envers sa future femme (oui c’est un pays musulman) mais il n’y a pas de minimum ou de maximum exigé et il y a beaucoup d’excès à mon sens.

[La loi islamique n’a déterminé ni minimum ni maximum légal pour la dot, car les gens n’ont pas tous les mêmes richesses ni la même aisance et chaque pays a ses coutumes et ses pratiques en la matière. La détermination du quantum de la dot a donc été laissée à l’appréciation de chacun, afin que les gens donnent en fonction de leurs moyens et suivant les pratiques qui ont cours dans leurs pays respectifs.] Source: Sajidine.com

Dans le deuxième cas, la fille a son petit copain, sa famille le sait (dans beaucoup de cas). Mais comme ce dernier ne vas pas être capable de la ramener en salle, ou ne correspond pas forcément aux critères voulus par la famille (pas du même village, pas du bon caste, de la bonne famille…) pour LE mariage de leur enfant, il va y avoir une espèce de pacte. C’est-à-dire que les parents vont expliquer à leur fille qu’il y a un homme du village qui cherche une épouse (donc prêt financièrement), et qu’il serait bien d’accepter de se marier avec lui quitte à s’en séparer une fois les festivités terminées, et poursuivre sa vie ensuite. Oui parce qu’au final la suite compte peu, tant qu’elle a déjà été mariée honorablement aux yeux des autres. Pour le motif du divorce ce n’est pas bien compliqué à trouver n’est-ce pas? Les gens se séparent pour un oui ou pour non à notre époque, donc ça ne surprendrait même pas la communauté. Et malheureusement ça arrive trop souvent.

Le vice de CETTE PRATIQUE

Vous allez peut-être me dire que les familles ne cherchent que le bonheur de leurs enfants. Faux, la preuve en est que ce sont elles qui programment le coup. ATTENTION. Je ne généralise pas. Fort heureusement beaucoup sont dotées de conscience. Je parle de vice car ça en est un (de mon point de vue). Certes, le mariage est un moment émouvant, festif … mais lorsqu’il y a préméditation d’une escroquerie derrière, ce n’est pour moi que de l’hypocrisie et une fausse joie. L’argent est quelque chose d’éphémère, on l’oublie parfois. Certains gagnent des millions et se retrouvent tout de même à la rue. De même que d’autres arrivent à composer avec le peu qu’ils ont pour vivre convenablement.

Et les enfants (je parle de celles qui sont complices) qui invitent leurs amis pour le soi-disant plus beau jour de leur vie avec ces sourires de façade? Qui blâmer le plus? Répondront-elles: « c’était pour faire plaisir à ma famille. C’est très important pour eux, les coutumes et traditions… » Mais n’y a t-il pas d’autres solutions? Faut-il réellement en arriver à là? Il faut savoir que ceux qui arrivent à trouver un petit job malgré leur situation, travaillent dur et économisent chaque centime pour pouvoir se marier. Parce qu’ils connaissent leurs futurs obligations. Mais ils n’y vont pas en se disant « je sais que je vais me faire dépouiller mais j’y vais quand-même. » Ou peut-être est-ce moi qui suis naïve, n’hésitez pas à laisser en commentaires vos opinions.

Comment parvenir à régler ce problème?

On se dit tous que lorsqu’on aime une personne et ce en connaissance de sa situation personnelle, administrative et financière, on fait tout pour l’aider et on n’aide pas à le détruire. Les filles je ne vous dit pas qu’il faut vous rebeller contre vos familles, non. Mais il est possible d’exposer votre situation et expliquer que vous voulez être avec cet homme (si vous le voulez vraiment), que vous êtes prête à bâtir avec lui votre avenir et que vous allez vous soutenir mutuellement (comme un couple normal le ferait). Je sais que ce n’est pas le genre de discours qu’ils attendent (ça dépend des parents je souligne) et quoi que ça devrait l’être, mais vous prouvez déjà votre bonne foie et avec un peu de persévérance ils finiront par vous comprendre. Parce que ce que vous construirez ensemble (avec votre partenaire) sera à vous, à vous deux.

Pour celles qui ont leurs copains et qui acceptent d’aller se marier avec des hommes (souvent plus âgés) pour les ejecter le lendemain, où est la morale? C’est faire plaisir à sa famille que d’être complice de celà. D’accord, mais à quel moment vous pensez au garçon en question? Vous avez le droit de discuter, de vous offusquer voire même de refuser. J’imagine qu’ils ne vous mettent pas le couteau sous la gorge. Il y a des solutions pour tout et pour tous. Je dis ça mais je suis consciente de la complexité de la situation. « Tu ne l’as pas vécu » me dira t-on. Pas de cette manière non. Mais je constate comme beaucoup d’entre vous peut-être.

ET LES HOMMES DANS TOUT ÇA?

Il faut savoir que la combine est connue de beaucoup et que de plus en plus de personnes trompées osent se plaindre. Et avec une génération 2.0, tout se règlent sur les réseaux sociaux, c’est bien triste. Les hommes mis à la porte à peine quelques jours après leurs mariages réclament la dote versée. Mais en vain. Pourquoi ils ne portent pas plainte? Parce qu’il faut déjà prouver l’arnaque mais surtout parce qu’ils ne sont pas en situation régulière et c’est donner le bâton pour se faire battre que de se présenter à la police. De plus une fois qu’il y a une consommation du mariage, elle (la dote) ne peut être récupérée. Et c’est bien pour ces raisons que des familles continuent et qu’elles n’ont pas de crainte. Parce qu’ils auront beau le crier leur peine au monde entier, elles ne seront pas jugées pour cela. Elles pourraient éventuellement avoir honte oui, mais comme pour tout, les gens finiront bien par oublier.

« Et si vous divorcez d’avec elles sans les avoir touchées (sans avoir eu de rapports sexuels avec elles), mais après fixation de leur Mahr (dote), versez leur alors la moitié du Mahr que vous avez fixé, à moins qu’elles ne s’en désistent ou que ne se désiste celui entre les mains de qui est la conclusion du mariage (en remboursant la totalité du Mahr). » (Sourate 2 verset 237)

Alors beaucoup se retrouvent à la case départ. Retournant dormir chez leurs soeurs ou « wa djomba » (les oncles) qui les ont accueilli. C’est une vie qui s’effondre, des années de labeur. Ils s’en remettent alors à Dieu. Celui dont certains oublient de craindre.

Maintenant il faut se le dire, certains hommes sont aussi là pour profiter de la situation en faisant de même. Retournant eux aussi avec leurs copines une fois qu’ils obtiennent régularisation après le mariage. Celà concerne surtout (à ma connaissance) ceux qui sont venus en France grâce à leurs femmes descendues spécialement au pays pour accomplir les démarches nécessaires et légales afin de les faire venir. Ils les draguent, jouent les maris parfaits et les embobinent jusqu’à obtenir ce qu’ils veulent. Franchement parfois je me demande (et peut-être que vous aussi) comment on arrive encore à se faire avoir comme ça en 2020. Quand on dit que l’amour rend aveugle… D’ailleurs si vous êtes un (e) compatriote, vous avez peut-être entendu parler de l’affaire Marina, l’exemple type de ce genre de cas.

Je finis en disant qu’il serait important de redonner à l’Homme sa place d’être humain et à l’argent sa place de matériel. Ce dernier est nécessaire pour vivre certes, mais il y a d’autres manières honnêtes de l’obtenir que de profiter de la situation précaire de nos compatriotes ou d’autres d’ailleurs. Ce genre de dérive est inacceptable il faut dire ce qui est. À tous les couples qui sont encore et toujours là, heureux en ménage, félicitations. À tous ceux qui veulent se marier, discutez bien avec vos partenaires, exposez vos idées, vos problèmes et essayez de trouver les solutions ensemble. Parce que c’est ensemble que vous allez avancer, vivre le meilleur et le pire.

Si j’ai pu à travers cet article en blesser certains, je m’en excuse. Beaucoup de personnes ne choisissent pas ces situations mais les subissent. Maintenant nous sommes tous conscients de ce qui ne va pas et continuer à en faire des tabous n’est pas la solution. En parler ne changera peut-être pas grand-chose non plus, mais il est bon de savoir où on met les pieds avant de s’y engager. Puisse Dieu veiller sur vous tous.

À très bientôt.

NasYou.